Lettre et le nez en l’air

L’être et le nez en l’air

L’être et le néant,… l’air

L’être et l’aller à l’air

L’air libre, l’air de rien

L’air d’aller bien

L’air enchanté

L’air, en chantant

L’air … en chantier

L’être rien, l’air d’être…

Mine de rien

Rien qui mine

Rime qui m’anime

Frime qui aligne

Lignes de mots

Signe de moi

Signe à moi

Signe mature ?

Signature.

L’être Seule

Le Seul être

Etre au seuil…

Lettre au seul être …

La seule lettre

La seulette…

La lettre au sol erre

L’être au soleil

L’être au seul œil

Lettre pour multiples regards…

Gare … et re-gare …

Gare à toi, gardez vous

Gare à moi, regardez moi

Me regarder et me garder encore

Gare à moi, je suis en train,

Mais être sans entrain

Etre centre, un,

Possible,

Un

Impossible

Une peau cible ?

L’un possible

Le deux pensable

L’impossible et le «pansable»

Passable et pénible passage

Le pas sage s’impose

Le pas se pose, se passe

Pas de sable, pas de nasse

L’enlisage s’envisage

Sans visage,

Sans vie sage

Sans âge

Sang…

Sans vie,

Envie,

En vie…

Je suis,

Je fuis,

J’essuie

Je m’enfuie,

Je m’enfurie

Je m’enfurieuse,

Je m’enfuriante

Je mens, je pleure

Je fuis en corps

Je m’essuie le cœur

Gène, suie et sueurs

J’écris je meurs

Je crie, je mords

Le dit qui pleure

Prends son essor

L’heure de l’avis

La vie qui sort

La sortie…



inquiètude…

Pas de nouvelles de toi

C’est insupportable, je suis folle d’inquiètude, je me ronge les ongles, j’ai du mal à respirer, je regarde sans arrêt la pendule, tu aurais dû appeler, c’est pas possible aucune nouvelle, je tourne en rond, toute agitée par l’attente… Où es-tu ? Pourquoi tu n’es pas encore arrivé ? Pourquoi tu ne m’as pas appelé ?

Ah non à cette heure-ci c’est sûr qu’il t’est arrivé quelque chose, peut-être que tu as chuté dans l’escalier de ta cave, tu es coincé dans un ascenseur sans portable et l’alarme est en panne… Ta voiture refuse de te laisser sortir, toutes les portes sont bloquées, fermées à clé et toi dedans… Je sais, tu as glissé dans le congélateur en te penchant pour attraper un truc au fond, assommé tu n’as pas pu empêcher le couvercle du congel de se refermer sur toi et tu es en train de congeler…

Non plutôt ça… tu étais en retard, tu as eu peur que je sois inquiète alors pour te rassurer tu as bu une bière, du coup tu étais encore plus en retard alors tu en a pris une autre et après la cinquième tu as voulu rentrer par le chemin du moulin et là… Peut-être qu’ivre mort tu gis dans le ruisseau…

Tu n’as pas pu venir parce que tu es poursuivi par la pègre pour avoir été témoin d’un truc que tu n’aurais pas dû voir, et que voulant te cacher tu t’es fait arrêter par la police secrète qui à la suite d’une erreur judiciaire et du fait que des espions te prennent pour le frère de la petite sœur d’un parrain terroriste, tu as été enlevé. Je dois te trouver un avocat vert parce que les marrons c’est plus périssables et te sortir des griffes d’un gouvernement miteux de l’autre bout de la planète parce qu’ils te retiennent là-bas … Non, ça se tient pas…

Peut-être que tu es en train de m’écrire, peut-être que tu l’as fait mais que le facteur a fait un infarctus, une monstrueuse crise cardiaque avec de la bave qui lui sort des oreilles et les orteils écarquillés, et que, comme il avait justement ta lettre à la main, mais que personne ne s’en est aperçu, alors il est à l’hôpital avec ton message et moi bêtement je m’inquiète !

Peut-être qu’il y a eu un grave accident chimique à cause d’une usine qui était installée ici il y a des milliers d’années mais qu’on l’a jamais su, pour que cela ne fasse pas baisser le prix des terrains des promoteurs, mais que le gouvernement veut étouffer l’affaire et qu’on n’aura jamais aucune nouvelle des cadavres disparus… Cadavre j’ai dit “cadavres”, oh non pas toi, pas un cadavre, quel mot hideux, et si tu étais à la morgue, abattu dans un règlement de compte entre bande rivale, une balle perdue et voilà tu n’es plus… Non non je me calme j’ai pas entendu de coups de feu, faut pas dramatiser, … bien sûr…

Ma boîte mail est vide c’est sûr, c’est pas normal ! Je hurle en silence, je me lève, regarde une fois de plus par la fenêtre, rien, il n’y a rien, tu n’es pas là ! Ma parole je porte plainte, c’est sûrement une panne de réseau ! Encore un coup des opérateurs de téléphonie, avec leurs antennes radioactives qui veulent implanter des éoliennes à proximité ! Oui sûrement que ma ligne téléphonique est coupée, même si j’ai eu ta mère tout à l’heure c’est parce que, elle, rien ne l’arrête… ou alors c’est lorsqu’elle m’a raccrochée au nez que ça a pété un câble !

Mon dieu le temps passe et toujours aucun signe de toi… Tu m’aurais prévenu si tu avais juste eu un banal retard, là c’est grave tu es forcément bloqué dans un endroit d’où tu ne peux me joindre, où ? Où te chercher ? À qui demander ? Ta mère ? non elle m’aurait prévenue si elle avait su quelque chose ! Qui alors, ton ex ? Ta secrétaire ? Oh, je suis si désemparée… Comment c’est possible de continuer à vivre ainsi alors que sûrement tu agonises quelque part…

Réfléchissons calmement, bien tu es parti c’était… voyons grosso modo moins… ah non je ne peux pas m’asseoir pour juste réfléchir, il faut que je m’occupe, c’est trop insupportable de penser à tout ce temps sans nouvelles de toi. Je vais appeler la gendarmerie pour qu’ils aillent frapper chez toi pour le cas où, je vais prendre ma voiture faire le tour de ton quartier, demander aux pompiers de sonder les rivières alentours, je vais appeler les hôpitaux, visiter les accidentés amnésiques au cas où tu serais l’un d’eux, je vais… J’en peux plus, !

Si jamais tu vas bien mais que tu as juste « oublié » de me prévenir je te déteste, je te claque, je te poignarde, je te jette, je t’aime plus, je ne te parle plus jamais ! Je te dénonce à ta mère… j’épouse ton frère, je te balance dans le congel, je te couds dans un sac je te…

Je t’en prie appelle moi… sonne, arrive, fais quelque chose ne me laisse pas comme ça je vais devenir folle, il faut que j’agisse, cette passivité me monte à la tête !

Chaque seconde qui passe me laboure le plexus, je sombre lentement dans la dépression, je laisse les larmes me monter aux yeux, et si tu m’avais oubliée… Peut-être que tu t’en fiches de moi… Que tu ne veux plus me parler, que tu ne viendras jamais plus, que tu es déjà bien loin, que tu m’as totalement oubliée déjà, pour toi je n’existe plus, et moi, bêtement, je t’attends… Non c’est pas possible, tu n’aurais pas fais ça, pas alors que notre dernière rencontre était si belle, si douce, si … Oh, ciel mais où es-tu donc ?

De toutes façons moi je ne peux pas vivre comme ça, je n’ai plus d’appétit, j’ai même envie de vomir, c’est sûr je vais pleurer, je vais aussi m’évanouir à force de ne plus manger, je me sens toute faible je n’ai plus de force… Oh pourquoi m’as-tu abandonnée ? Mes mains tremblent, je ne peux plus rien faire, je tente de boire, mais je tremble tant que le verre se casse sur le carrelage, tant pis je ne ramasse pas les morceaux, qu’importe maintenant, c’est sûr, oui c’est sûr que tu ne reviendras plus, je ne saurais jamais ce qui t’es arrivé, je préfère mourir plutôt que de vivre dans ce doute affreux…

On sonne c’est sûrement la police. Elle vient me prévenir, m’annoncer le drame, j’ai la force d’avancer jusqu’à la porte, tête baissée, la mort au ventre, concentrée pour affronter à la terrible nouvelle…

J’ouvre la porte :

C’est toi qui me regarde étonné … « ben quoi, j’ai à peine 20 minutes de retard, c’est quoi ces morceaux de verre, là, par terre ? »! »



Mal ailleurs

 

Blotti contre l’escalier de pierres, regarde bien ce petit tas informe qui tremble au bas des marches, ce chiffon trempé de larmes et recroquevillé sur lui-même, c’est moi.

Tu me vois, étonné, puis tremblant, toi aussi, d’effroi, tu te baisses, me cueilles, m’enroules dans ton manteau, m’emportes blottie contre toi à l’intérieur de la maison.

Là tu me déposes doucement sur le tapis, je ne bouge pas, trop faible, trop fragile, je tremble de tous mes membres….

Tu m’entoures d’une serviette éponge vert amande.

Ta voix me parle, elle raconte des tas de mots que je ne comprends pas mais qui sont pleins de douceur, plein d’apaisement, des mots qui me rassurent, sur le présent et même sur l’avenir immédiat.

Tu t’accroupis près de moi, tu me frictionnes par petits frottements ronds et doux parfois, par longues caresses vigoureuses par endroit. J’ai fermé les yeux. Je me laisse aller au rythme de tes mains.

Après que tu ais réchauffé chacune des parties de mon corps en t’arrêtant plus spécialement sur les extrémités gelées de mon être, tu me laisses un instant pour remettre du bois dans le feu.

Lorsque tu reviens, ta main caresse mon visage, tu cherche mes yeux.

Tu voudrais comprendre pourquoi je tremble toujours ? Timidement mes yeux te sourient et je murmure « j’ai froid »

Un éclair d’hésitation traverse tes yeux, ta main se pose, dans mon dos, sur la fermeture de ma robe.

Tu t’excuses : « elle est trempée, c’est elle qui te gèle ».

Tu guettes mon approbation, je frissonne, tu descends la fermeture éclair tout du long.

Tu fais glisser le tissus sur l’avant des épaules. La robe colle à ma peau.

Tu poses un drap de bain sur mon dos et me porte plutôt que ne me relève pour faire tomber ma robe à tes pieds.

Je m’agrippe à toi, une main sur ton bras, l’autre accrochée à ton pull sur ta poitrine.

Tu allais resserrer le drap de bain autour de moi lorsque tu vois la longue trace violette qui part de mon épaule pour descendre vers mon sein.

Tes yeux m’interrogent, mais comme je regarde le sol tout doucement ton doigt frôle la craquelure presque cicatrisée…

J’ai les jambes qui ne me portent plus mais ce n’est plus nécessaire, tes bras m’ont entourée avec tant de force, tu me serres contre toi avec tant de tendresse que je ne touche plus le sol.

La tête dans ton cou je murmure, « j’ai froid, j’ai froid en dedans »…

Tu m’emportes, me dépose sur le lit, assise, le drap de bain toujours autour de moi.

Une main dans mon dos pour me retenir tout doucement tu m’aides à m’allonger puis tu me recouvres de la couette, sur laquelle tu rajoutes un édredon de grand-mère en plumes d’oies.

Tu me regardes inquiet.

Mes yeux sont tout mouillés.

Tu t’agenouilles près du lit, tes mains sur mes joues brûlantes, tu me supplies de ne plus trembler.

Tu effaces mes larmes une à une.

Ta main est fraîche et me fait du bien.

Tu me demandes : « tu as mal » ?

Je te fais signe que non de la tête et je te réponds « oui »…

Devant ton air interloqué je ne peux m’empêcher de sourire et de t’expliquer… : « mon corps n’a pas mal ».



Le Jardin

C’était un jardin,
Mon jardin à moi,
Ce n’était pas un Le Notre,
Ce n’était pas un gazon écossais…
C’était juste un petit coin de terre
Des herbes sauvages, coquelicots et bleuets,
Une rocaille, un peu de bruyère, des ancolies
Quelques grappes de glycine, jasmin et lilas blanc
Avec des iris d’eau, bleu pervenche d’altitude
Des nénuphars et un seringa en fleurs
Des violettes blotties près de la mousse
Une source claire, l’ombre d’un sous-bois, un banc
Le soleil sur un érable pourpre de plein champs
C’était un jardin avec la courbe d’une sente douce,
Assez large pour le passage de deux amants
Un jardin ouvert, un jardin offert et gourmand.

 

Un jour où je ne faisais pas attention
Quelqu’un entra et tondit le pré pour ses bêtes
Un autre cueillis le lilas pour sa femme
Celui-ci cassa trois branches au seringa
Celui-ci piétina les fleurs, l’autre…
Affolée je criais « Stop on se calme »
Mais sans m’entendre tous continuaient
Piétinant sans méchanceté ce à quoi je tenais tant
Toute cette vie fragile et douce que je chérissais
Ce jardin offert qui s’il le restait
Ne serait bientôt plus que friche
Alors j’ai roulé délicatement le parchemin
De mon jardin, et je l’ai glisser dans ma poche
Devant les visiteurs étonnés, j’ai dit « c’est fermé »
Certains ayant insisté, arguant de leur désir d’entrer…
Je me suis enfuis, mon jardin en poche
Mes larmes aussi…

 

J’étais assise à l’ombre d’un charme,
Lissant d’une main tendre une pétale de rose
Lorsque j’entendis une voix venant du ciel
« Elle est belle cette fleur »
Très étonnée j’ai levé le nez et j’ai vu l’homme
Assis à califourchon sur une grosse branche
Les jambes dansantes au rythme du vent
Laquelle ? Demandais-je, en croyant
Qu’il me montrerait les fleurs alentours
Il répondit, en montrant mon jardin,
que j’avais déposé tendrement à mes pieds :
« le coquelicot ».

 

Je lui souris, et faisant mine de me rejoindre
Il demanda : je peux ?
Depuis main dans la main
nous parcourons les allées de mon jardin
son sourire est ma lumière, ses mots mon terreau
il m’arrose de sa tendresse et m’enivre de son désir…
Parfois étonné il s’arrête et me demande :
Pourquoi moi ? Pourquoi est-ce que tu m’aimes moi ?

 

Parce que toi tu n’entres pas sans y être invité
Parce que toi tu regardes où poser tes pieds
Que tu ne risques pas de tout ravager
En décidant avoir besoin de mes fleurs
Parce que toi tu es sensible à leurs parfums
Parce que toi tu en respectes le chemin
Tu n’y cours pas en conquérant
ni même en propriétaire
parce que toi tu es là, prêt à partager
en me tenant la main sans l’emprisonner.
Voilà pourquoi je t’aime, toi.



Les enfants en marche

 

Il était une fois une tempête qui avait détruit tout les abris.

Impossible de se cacher de se blottir il ne restait que le sol pour s’ancrer, que le rocher pour se plaquer, que le vent pour tout balayer… le vent et son souffle glacé, le vent et son hurlement… le sol n’offrait aucune aspérité pour se recroqueviller un peu. Il n’y avait plus d’oiseau, il n’y avait plus d’odeur, plus de ciel plus de mer, plus de haut ni de bas… un vacarme assourdissant et insupportable, un son de brisure de vie, un grondement sortant du gouffre du néant vainqueur.

 

J’ai eu peur.

Je me sentais si petite !

J’ai failli renoncer.

Je me suis assise par terre… sur le bord du trottoir, il pleuvait fort, j’avais froid.

Sur ma gauche un mouvement attira mon attention.

Un enfant avançait face au vent.

Son visage était balayé par la pluie, ses yeux était presque fermé, mais il avançait.

Je me suis levée, les mains en porte voix je lui ai crié « attends je viens »

Il s’est arrêté, on s’est regardé.

Il m’a tendu la main, elle était toute gelée.

Ca m’a fichu en colère !

Ce gosse courageux qui luttait sans renoncer avait froid aux mains !

C’est pas normal, c’est pas juste !

J’ai eu envie de me battre pour la main de cet enfant, pour toutes les mains d’enfants qui ont froid…

Alors j’ai avancé avec lui.

Parfois il tombait et je l’aidais à se relever.

Parfois je trébuchais et il me rattrapait, et ensemble on a avancé…

Il n’était pas fort, je n’étais pas faible.

On était différent mais nos mains se serraient fort et nous savions que c’était important.

On avait chacun nos motivations,

On était des étrangers, mais ensemble on avait plus chaud…

Arrivée loin du danger on s’est assis enfin.

On a manger avec avidité des fruits des bois.

On a même pu dormir dans un lit d’une cabane de pêcheurs abandonnée.

 

Je viens de me réveiller, il dort encore, je le regarde.

Bien sur qu’on ne se connaît pas…

Je ne sais même pas son nom.

Mais ce qui nous lie est puissant.

Ce n’est pas suffisant sans doute pour que nous passions notre vie ensemble dans une harmonie à toutes épreuves…

Ce n’est pas l’assurance que lors de la prochaine tourmente nous saurons nous épauler…

Bien sur…

Pourtant, aujourd’hui aucun être sur terre n’est aussi important pour moi que lui…

et demain… demain on verra bien.

 



La petite fille

Une petite fille assise sur le bord du trottoir.

Elle a les sandales dans la rigole qui ravine vers l’égout.

L’eau est sale…

Elle voit passer un ticket de métro, un mégot de cigarette, une canette de bière.

L’eau coule.

Il pleut à verse.

Les tresses de l’enfant sont plaquées contre ses vêtements mouillés.

Elle n’a plus conscience d’avoir faim.

Elle a trop froid pour avoir encore peur.

Son nez coule mais elle ne s’en rend pas compte.

Une plaie sur sa joue diffuse un peu de rouge qui se mêle à la pluie dégoulinante.

L’enfant machinalement essuie l’eau de son front de sa main terreuse.

Une trace marron lui décore le sourcil.

Sa jupe est trempée, elle regrette de s’être assise.

Elle frisonne.

Elle reste sans bouger indécise.

Se relever …

Pour aller où ?

Rester là

Pour attendre quoi ?



Avancer vers ta main

Je voudrais glisser ma main dans la tienne et marcher droit devant
Avancer, ne jamais se retourner, avancer, vivre tout,
Avancer s’enivrer de toutes les expériences qui nous attirent et nous paraissent agréables
Laisser monter nos désirs et se saouler de plaisirs,
Avancer, toujours avancer,
Rechercher renoncer à avoir trouver,
Ne jamais m’installer
Je voudrais tellement ne jamais m’arrêter d’avancer,
Ma main dans la tienne,
Croiser ton rire, tes mots, tes regards, tes idées,
Toucher ta peau, toucher la mienne contre toi,
Avancer, toujours avancer
Ne jamais t’appartenir toujours
Être à conquérir
Vouloir toujours te séduire
M’émerveiller encore parce que tu n’as pas fuit,
M’étonner de ma chance d’être à tes côtés d’être aimée par toi
T’aimer,
Avancer à ta rencontre sans jamais me croire arrivée
Sans jamais franchir les limites de ton intimité
Avancer vers là où tu penserais parfois me connaître
et où je t’échapperais toujours parce que j’aurais déjà changé
Être papillon éphémère mais ivre de vie
Partir, avancer
Envolée vers l’amour
Envolée par les vents
Enlevée par le mouvement
Avancer vers ta main
T’aimer…



trop bonne, trop …

Attention danger !
Les hommes fuyez, fuyez tous, ne vous arrêtez pas, ne l’écoutez pas. Courez, courez sans vous retourner, partez le plus loin possible, hors de la portée de sa voix, hors de vue de son sourire, hors de la tendresse de ses yeux ! Vous avez entendu parler des sirènes n’est ce pas ? Et bien là c’est un peu le principe mais en pire ! Si vous acceptez de l’écouter, si vous commencer à l’aimer… c’est mort… fini, kaput… Il faut que je vous révèle son vice avant que vous ne l’approchiez ! Cette harpie est dangereuse c’est une tueuse de couple ! Voilà comment elle procède…

Dans un premièr temps elle est presque parfaite… adorable disent certains… et puis avec le temps ça sent pire !! De pire en pire ! Elle offre, elle offre, et toi, en face, innocent… tu prends… Tu prends, bien sûr puisqu’elle offre, elle est en plus tellement contente de te voir heureux ! Tu comprends bien qu’en rayonnant dans son aura elle brille, elle s’enivre de ton plaisir elle grandit dans ta joie. Elle t’offre encore et encore sans mesurer, sans compter. Elle donne comme si elle n’avait aucune limite comme si plus tu l’aimes et plus elle est riche de ce qu’elle te donne… C’est sa vie qu’elle livre, son cœur, l’essence même de ce qui fait qu’elle existe, et elle l’expose. C’est comme ça, tu n’as même rien demandé, tu vivais tranquille avant et là devant toi béante tu as une femme offerte, totalement désireuse de te rendre heureux. T’aimer, te cajoler, te soutenir, porter tes petits soucis et t’accompagner pour traverser au-delà des plus gros… Comprends que tu as du mal à résister à ça… en plus comme elle en a l’air tellement heureuse, c’est assez difficile d’imaginer une raison de ne pas prendre l’amour dont elle rayonne… Elle n’aime que toi, follement, inconditionnellement… Tu te sens fort, tu te sens grand, tu as envie de réussir tout pour elle… c’est une perle, tu n’en crois pas ton cœur !

C’est là que la sorcière apparaît… Un jour de fatigue tu te blottis dans son offre et tu oublis qu’elle existe, je veux dire que tu te combles dans tes besoins grâce à sa générosité vitale et maladive et tu l’oublies, comme elle s’oublie pour toi, comme elle oublie qu’elle a des besoins aussi …

Le lendemain tu la vois heureuse, elle est si contente d’avoir pu t’aider à te sentir mieux, tu ne penses pas un instant à te remettre en cause, tu ne songes même pas qu’hier quelque chose à basculé… au fil du temps les choses s’installent, de plus en plus souvent tu prends ce qu’elle donne, puis qu’elle l’offre puisque tu n’as rien demandé puisqu’elle t’aime et que tu l’aimes… et tu oublies ses besoins à elle…

De plus en plus tu la vois comme tienne et tu oublies qui elle est… Tu oublies qu’elle est si fragile, si facile à déchirer, si silencieuse lorsqu’elle souffre… Tu oublies qu’elle existe en dehors de toi puisqu’elle t’offre d’être au service de ta vie à toi et se gère seule ses trucs comme elle peut quand elle peut… voir elle les laisse tomber, c’est pas important, ce qui la rend heureuse, elle, c’est d’offrir !

Un jour, pas de chance, elle n’est pas en forme, elle a besoin de ton aide, elle hésite à te déranger avec sa souffrance, mais comme elle sait que tu l’aimes, alors elle va te demander ton aide… Tu arrives, tu es, pas de chance, en colère contre ce putain de bordel de truc de merde qui ne marche pas, hein ? Bonsoir chérie … tu disais ? Elle te sourit, elle t’écoute, elle te parlera plus tard… Le lendemain, réconfortée, tu quittes son lit, sans voir que son sourire est un peu triste… Les jours suivants elle continuera de te donner de tout son cœur mais cela lui demandera un petit effort, pas un gros, non, juste un tout petit effort, elle n’a pas trouvé l’occasion de te parler c’est pas grave de toute façon le problème est résolu ou dépassé, elle n’y pense plus, toi non plus évidement…Toi, tu ne sais même pas que la sorcière est à l’œuvre !

Un jour elle avait très envie d’un truc, mais toi d’un autre, elle renonce très facilement au sien… toi aussi,… tu renonces au sien… Elle est sincèrement heureuse de faire selon ton goût.. ; mais elle regrette un peu son désir à elle… et pas de chance justement ce jour-là tu vas avoir une parole blessante ou maladroite parce qu’elle fera tellement partie de l’évidence de ta vie que tu auras complètement oublié qu’elle est hyper sensible…. Tu riras de bon cœur de ta vanne, elle sourira… et puis le soir une fois seule, elle pleurera. Pour la première fois depuis qu’elle te connait elle pleure en ta cachant ses larmes, tu n’es plus le refuge absolu qui peut la protéger, tu la traites comme… ta femme ? Elle sait qu’elle n’est pas ce à quoi tu la réduis par excès de confort, par habitude, par facilité… La machine à détruire le couple est maintenant bien enclenchée…

Elle continue à t’offrir, elle continue à se donner totalement mais cela lui coûte beaucoup plus qu’avant, elle fait de plus en plus souvent des efforts pour toi… Elle sent de plus en plus douloureusement qu’elle ne peut plus rayonner d’amour dans ton champs, trop plein de chardons… tant de mauvaises herbes ont grainé et tu as oublié de les faucher, et elle, la bécasse rayonnante, qui n’a pas pensé un instant à s’occuper d’elle finit par comprendre que si elle ne le fait pas rapidement elle va crever…

Alors de plus en plus souvent elle te dit non, elle reprend ses billes, ces mêmes billes qu’elle t’avait données totalement et pour toujours. Elle n’a presque plus envie de faire l’amour et pourtant tu sais bien qu’elle adorait ça… Tu développes une belle imagination athlétique digne d’un concours de position d’une expo de culturisme… mais rien n’y fait, tes cours de gym ne la séduise pas… Elle rit de moins en moins souvent.

Tu tentes de faire des efforts pour elle, zut tu l’aimes toi ! Mais c’est trop tard, elle sait que tu ne peux pas la protéger toujours, alors comme un coquelicot en fin de vie elle flétrit. Et tu n’y peux rien ! Cette hyène t’avait tout donnée comme si tu avais pu en faire quoi que ce soit de son être offert !!! Elle s’en va te laissant un goût amer, un sentiment d’échec ou de colère.

Tu n’oses pas la détester parce que tu te souviens de la «perle»… Tu te détestes toi de n’avoir pas su être son prince pour toujours, tu t’en veux de n’être pas plus alors qu’avant elle tu te trouvait très bien… Elle t’a conduit sur des routes colorées d’une jouissance folle… il ne te reste que le gris du quotidien sans amour, …

Moi, je la déteste… ce n’est ni une fée ni une perle c’est un banal fumigène qui s’enflamme à la première étincelle et qui brûle tant qu’elle rêve… c’est une botte de paille qui aime comme si elle était éternelle. C’est un palace pour toi qui ne recherchais qu’une chaumière et ne pourra l’entretenir… en n’en retirera que souvenir et sentiment d’avoir échoué… un peu l’état du crapaud qui n’a pas pu devenir prince… car la fée s’appelait Carabosse

Moi je la déteste parce qu’elle offre la lune à ceux qui ne souhaitaient qu’un câlin… Lorsqu’ils comprennent que c’est pas du pipeau et aspirent à la brillance de l’astre tout entier : il s’y brûlent, ils s’y endorment, ils se retrouvent sur le trottoir démunis et malheureux… Je la déteste d’être incapable d’aimer plus raisonnablement, de ne pas savoir donner moins, de ne pas savoir s’occuper d’abord d’elle…! C’est sa faute à elle si tous ses couples s’effondrent… Elle donne trop, elle aime trop, elle attire mais ne sait pas durer…. étoile filante ? Soleil rouge presque éteint… déchet de trop d’humanité ! Bestiole avide d’aimer quitte à en disparaitre… femme… oui sans doute aussi…

Si vous la croisez, fuyez, fuyez avant qu’elle ne vous aime, avant qu’elle ne se donne avant qu’une fois de plus… elle ne vive que pour aimer et se donner… se donner… à se perdre…

 



Vivre

J’aime vivre avec toi
sans aucune programmation,
juste vivre l’envie au moment
où elle passe,
faire juste ce qui nous attire
au moment où on le ressent,
c’est comme une bulle de paradis,
un moment hors du temps
et des contraintes,
c’est très doux
très havre de liberté
c’est vraiment délicieux.
Chaque homme est différent
comme chaque relation
avec un homme est différente.
Se rencontrer se découvrir,
se connaître peu à peu
c’est partager …
Partager une étreinte,
sans tabou,
sans autre limite
que le respect de l’autre
et de ses limites…
C’est merveilleux,
Vivre une sexualité libre,
Juste vivre ce que je ressens,
juste dans le plaisir et le bonheur.
Vivre ce qu’on a encore jamais vécu
sans réfléchir
juste parce que j’en ai envie,
juste parce que je le sens comme ça
à ce moment-là,
Bien sur il faut que tu saches
tout comme moi
dire non ça j’ai pas envie
c’est pas mon truc,
parce que c’est parce qu’on peut se dire ça
qu’on peut alors se sentir libre et vivant le reste du temps.
Si tu sais que je te dirais non
si je veux pas, cela veux dire que tout le reste est bienvenu…
Alors chic, j’aime t’aimer, j’aime ton ( …)
(…) de vie en moi,
j’aime vivre libre,
j’aime vivre contre toi,
je t’aime…



La colombe…

 

Je regarde le train s’éloigner
Mes yeux se sont fermés
Faut pas que je pleure
Pas encore
Avancer vers la sortie doucement
Comme une automate livide
Tu es parti silencieusement
Me laissant desséchée, aride…
Parti une fois de plus
Reparti loin de moi
Mais surtout reparti
Vers l’enfer et la folie
La mitraille et les tueries

Ils appellent ça le front…
Comme si la guerre avait une tête
Ils disent que c’est la zone franche
Comme si la guerre était honnête

Je t’entends encore raconter la vie
Je me repasse le film de tes yeux
Plissés d’éclats de rire heureux
Tes caresses qui m’enlacent
Tes mots tressés qui me bercent
Tes doigts sur mon piano
Ton souffle rythme mon ivresse
Mes seins contre ton dos
Ta main qui me frôle
Qui m’enjôle qui m’enrôle
Pour une joute frissonnante
Un combat de langues
Au palais de l’amour

Mais voilà que je pleure
Sur moi, sur toi,
Sur notre bonheur
Tu es reparti aux combats
Bien sûr, tu n’as pas le choix
Enfin, si, tu pourrais fuir
Tu choisis d’assumer
De tenir face aux assauts
Des belligérants ivres de colère
Des chefs imbéciles qui font la guerre
Pour leur pouvoir et leur soif d’argent
Toi, que les deux indiffèrent
Toi qui ne connais d’autres armes
Que celles que tu utilisais gamin
Les mots et parfois les poings
Que fais-tu dans ces champs
Entre viseurs hostiles
Et mines ennemies…

Ils appellent ça le front…
Moi c’est le tien dont je rêve
Ils disent que c’est bientôt la trêve
J’aspire à ta liberté de vivre sans combattre

Ils t’ont renvoyé là bas
Et je marche effrayée
Consciente que ta vie
Pourrait d’un coup de fusil
Tousser haleter s’enrayer
De la plus conne des façons
Mourir pour une guerre
Qui n’est pas la tienne
Casque bleu, éclaboussé de rouge
Sang de la peur de tout ce qui bouge
Sans moyen de te défendre
Sans envie même de le faire
Tu traverses les combats
Attendant ton heure
Pour revenir à la vie

Et moi je t’ai souri

En agitant la main
Quand le train est parti
J’ai pas pleuré devant toi
Je dois te montrer ma confiance
Je dois croire que tu vas revenir
Je sais que tu ne vas pas mourir
Enfin, je crois, j’essaie,
Je marche tête baissée
Le soleil me chauffe
Ta vie se nourrit
Aussi de ma chaleur
Je dois vivre et sourire
Pour pouvoir t’accueillir
Pour que la vie te soigne
Des traces de cette bataille
Pour que ici et là-bas
Tu n’oublies pas
Que je t’aime
Et que je crois en toi

Ils t’éloignent de mon front
Plissé d’inquiètude et d’attente
Ils disent que tu combats pour la paix
Et moi je voudrais bien qu’ils te la fichent !

 



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