La colombe…

 

Je regarde le train s’éloigner
Mes yeux se sont fermés
Faut pas que je pleure
Pas encore
Avancer vers la sortie doucement
Comme une automate livide
Tu es parti silencieusement
Me laissant desséchée, aride…
Parti une fois de plus
Reparti loin de moi
Mais surtout reparti
Vers l’enfer et la folie
La mitraille et les tueries

Ils appellent ça le front…
Comme si la guerre avait une tête
Ils disent que c’est la zone franche
Comme si la guerre était honnête

Je t’entends encore raconter la vie
Je me repasse le film de tes yeux
Plissés d’éclats de rire heureux
Tes caresses qui m’enlacent
Tes mots tressés qui me bercent
Tes doigts sur mon piano
Ton souffle rythme mon ivresse
Mes seins contre ton dos
Ta main qui me frôle
Qui m’enjôle qui m’enrôle
Pour une joute frissonnante
Un combat de langues
Au palais de l’amour

Mais voilà que je pleure
Sur moi, sur toi,
Sur notre bonheur
Tu es reparti aux combats
Bien sûr, tu n’as pas le choix
Enfin, si, tu pourrais fuir
Tu choisis d’assumer
De tenir face aux assauts
Des belligérants ivres de colère
Des chefs imbéciles qui font la guerre
Pour leur pouvoir et leur soif d’argent
Toi, que les deux indiffèrent
Toi qui ne connais d’autres armes
Que celles que tu utilisais gamin
Les mots et parfois les poings
Que fais-tu dans ces champs
Entre viseurs hostiles
Et mines ennemies…

Ils appellent ça le front…
Moi c’est le tien dont je rêve
Ils disent que c’est bientôt la trêve
J’aspire à ta liberté de vivre sans combattre

Ils t’ont renvoyé là bas
Et je marche effrayée
Consciente que ta vie
Pourrait d’un coup de fusil
Tousser haleter s’enrayer
De la plus conne des façons
Mourir pour une guerre
Qui n’est pas la tienne
Casque bleu, éclaboussé de rouge
Sang de la peur de tout ce qui bouge
Sans moyen de te défendre
Sans envie même de le faire
Tu traverses les combats
Attendant ton heure
Pour revenir à la vie

Et moi je t’ai souri

En agitant la main
Quand le train est parti
J’ai pas pleuré devant toi
Je dois te montrer ma confiance
Je dois croire que tu vas revenir
Je sais que tu ne vas pas mourir
Enfin, je crois, j’essaie,
Je marche tête baissée
Le soleil me chauffe
Ta vie se nourrit
Aussi de ma chaleur
Je dois vivre et sourire
Pour pouvoir t’accueillir
Pour que la vie te soigne
Des traces de cette bataille
Pour que ici et là-bas
Tu n’oublies pas
Que je t’aime
Et que je crois en toi

Ils t’éloignent de mon front
Plissé d’inquiètude et d’attente
Ils disent que tu combats pour la paix
Et moi je voudrais bien qu’ils te la fichent !

 



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