Les enfants en marche

 

Il était une fois une tempête qui avait détruit tout les abris.

Impossible de se cacher de se blottir il ne restait que le sol pour s’ancrer, que le rocher pour se plaquer, que le vent pour tout balayer… le vent et son souffle glacé, le vent et son hurlement… le sol n’offrait aucune aspérité pour se recroqueviller un peu. Il n’y avait plus d’oiseau, il n’y avait plus d’odeur, plus de ciel plus de mer, plus de haut ni de bas… un vacarme assourdissant et insupportable, un son de brisure de vie, un grondement sortant du gouffre du néant vainqueur.

 

J’ai eu peur.

Je me sentais si petite !

J’ai failli renoncer.

Je me suis assise par terre… sur le bord du trottoir, il pleuvait fort, j’avais froid.

Sur ma gauche un mouvement attira mon attention.

Un enfant avançait face au vent.

Son visage était balayé par la pluie, ses yeux était presque fermé, mais il avançait.

Je me suis levée, les mains en porte voix je lui ai crié « attends je viens »

Il s’est arrêté, on s’est regardé.

Il m’a tendu la main, elle était toute gelée.

Ca m’a fichu en colère !

Ce gosse courageux qui luttait sans renoncer avait froid aux mains !

C’est pas normal, c’est pas juste !

J’ai eu envie de me battre pour la main de cet enfant, pour toutes les mains d’enfants qui ont froid…

Alors j’ai avancé avec lui.

Parfois il tombait et je l’aidais à se relever.

Parfois je trébuchais et il me rattrapait, et ensemble on a avancé…

Il n’était pas fort, je n’étais pas faible.

On était différent mais nos mains se serraient fort et nous savions que c’était important.

On avait chacun nos motivations,

On était des étrangers, mais ensemble on avait plus chaud…

Arrivée loin du danger on s’est assis enfin.

On a manger avec avidité des fruits des bois.

On a même pu dormir dans un lit d’une cabane de pêcheurs abandonnée.

 

Je viens de me réveiller, il dort encore, je le regarde.

Bien sur qu’on ne se connaît pas…

Je ne sais même pas son nom.

Mais ce qui nous lie est puissant.

Ce n’est pas suffisant sans doute pour que nous passions notre vie ensemble dans une harmonie à toutes épreuves…

Ce n’est pas l’assurance que lors de la prochaine tourmente nous saurons nous épauler…

Bien sur…

Pourtant, aujourd’hui aucun être sur terre n’est aussi important pour moi que lui…

et demain… demain on verra bien.

 



Laisser un commentaire

Violence conjugale |
Psychothérapeute PAU |
Soleil levant |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Conseil de l'Ordre Inf...
| 89-91 avenue du Léman Bonne74
| Naturopathie