clairement fibro…

 

J’ai trouvé ce texte sur la fibro, sur le forum fibro’forum, posté par Lodie, pour aider nos proches à comprendre ce que nous vivons…

je le trouve très complet, même le plus complet de ce que j’avais lu jusqu’à présent, cela me ferait vraiment plaisir que tu le lises attentivement, je crois que tu as compris le plus gros de ce qu’est la maladie mais c’est tellement important pour moi que tu comprennes vraiment vraiment… Si tu savais comme j’en crève de n’être pas comprise puisque moi même je me reconnais si peu… Merci pour ton effort, et vive … vive l’espoir ! 

Avoir la fibromyalgie veut dire que plusieurs choses changent, et plusieurs d’entre elles sont invisibles. Contrairement à un cancer ou à des blessures dues à un accident, la plupart des gens ne comprennent pas la fibromyalgie et ses effets, et parmi les personnes qui pensent savoir ce que c’est, plusieurs sont mal informées.
Il faut informer ceux qui veulent comprendre,

… Ce sont des choses que j’aimerais que tu comprennes avant de me juger…

S’il te plaît, il faut que tu saches que le fait que je sois malade ne veux pas dire que je ne suis plus une personne humaine. J’ai à vivre presque toute la journée avec de la douleur et de la fatigue, et si tu viens me voir, tu ne trouveras pas ça bien drôle, mais je suis encore la même personne emprisonnée dans ce corps. Je m’inquiète encore à propos de l’école et de l’ouvrage, de ma famille et de mes ami(e)s, et la plupart du temps j’aimerais t’écouter parler de ces choses-là.

S’il te plaît, il faudrait que tu comprennes la différence entre être « joyeux(se) » et être en « santé ». Quand tu as la grippe tu ne te sens pas bien toi aussi, mais j’ai cette maladie depuis des années. Je ne peux pas être misérable tout le temps, en fait, je travaille fort pour ne pas me sentir misérable tout le temps. Si tu me parles et que j’ai l’air joyeux(se), ça ne veut pas dire que je vais mieux dans ma douleur. C’est tout. Ça ne veut pas dire que je ne souffre pas beaucoup, ou que je ne suis pas très fatigué(e), ou que ma santé s’améliore, ou n’importe laquelle de ces choses-là.
S
il te plaît, ne dit pas : « Tu as l’air d’aller mieux ! » Je ne suis pas mieux, j’essaie d’être joyeux(se). Si tu veux qu’on en parle, c’est bien.

S’il te plaît, il faudrait que tu comprennes qu’être capable de me tenir debout durant dix minutes ne veut pas nécessairement dire que je peux me tenir debout pour vingt minutes, ou une heure. Et, si seulement j’ai été capable de me tenir debout durant 30 minutes hier, cela ne veut pas dire que je suis encore capable de faire la même chose aujourd’hui. Mais il faut aussi que tu comprennes que si hier ce n’était pas possible, aujourd’hui ça peut l’être, et que c’est moi qui ressens ce qui se passe dans mon corps : ne m’empêche pas de faire quand je peux. Avec plusieurs maladies tu te retrouves paralysé(e), ou tu peux bouger. Avec cette maladie là c’est presque invisible, et surtout imprévisible.

S’il te plaît, répète le paragraphe précédent en substituant « tenir debout » par « assis(e) », « marcher », « penser », « être capable de socialiser » etc. ça s’applique à tout. C’est ce que la fibromyalgie nous fait vivre.

S’il te plaît, il faudrait que tu comprennes que la fibromyalgie est une maladie variable. C’est possible qu’une journée je sois capable de marcher dans un parc aller/retour et que le lendemain j’ai beaucoup de mal à me rendre dans la cuisine.

S’il te plaît, ne me dis pas quand je ne me sens pas bien « mais tu l’as déjà fait ! ». Peut-être, mais là tout de suite je ne peux plus. Si tu veux que je fasse quelque chose demande-moi si je peux. Pour continuer, je peux être obligé(e) d’annuler une invitation à la dernière minute, si ça arrive ne le prends pas pour toi.

S’il te plaît, il faudrait que tu comprennes que je ne me sens pas nécessairement mieux en « sortant et en faisant des choses » : ça peut souvent me faire plus de mal que de bien. Me dire que j’ai besoin de marcher, ou que je dois perdre ou gagner du poids, que je dois me procurer un vélo sur place, que je dois m’inscrire à un gymnase, essayer ceci et cela, etc. peut même me frustrer jusqu’à me faire pleurer, et ce n’est pas bien… si j’étais capable de faire ces choses, tu devrais savoir que je les ferais ? Ne crois pas que je « m’écoute trop » ou que je suis fainéant(e). Je travaille avec mes médecins et je suis en train de faire des exercices et j’ai aussi une diète que je suis supposé(e) suivre. Une autre chose qui me fait mal, c’est lorsqu’on me dit « tu dois essayer d’en faire toujours plus, vas-y au maximum… » Étrangement la fibromyalgie, c’est dans les muscles que nous souffrons, et parce que nos muscles ne se réparent pas comme les tiens peuvent le faire, ça fait plus de mal que de bien et ça pourra me prendre des jours ou semaines ou des mois pour seulement avoir participé à une activité. J’essaie de me « bouger », de faire du sport, mais c’est difficile et ça doit être adapté à ce que je ressens et aux conseils de mon médecin. Aussi, la fibromyalgie peut avoir comme effet secondaire une dépression (tu ne déprimerais pas toi si tu avais mal partout et si tu étais fatigué(e) pendant des jours et si tu ne voyais pas de lumière au bout du tunnel ?!) Mais cette maladie n’est pas créée par la dépression, qui est une conséquence et non une cause. Aussi ne me dis jamais, jamais !  « c’est dans ta tête » ou « tu es dépressif(ve), c’est pour ça que tu te plains tout le temps de douleurs ».

S’il te plaît, il faudrait que tu comprennes que quand je dis « je dois m’asseoir/m’étendre/prendre des médicaments maintenant » c’est que je dois vraiment le faire tout de suite – ça ne peut être reporté ou oublié seulement parce que je suis sortie pour la journée, ou que tu avais prévu quelque chose avec moi. La fibromyalgie n’oublie pas.
Si tu veux me suggérer une recette magique, ne le fais pas. Ce n’est pas parce que je n’apprécie pas l’idée, et ce n’est pas parce que je ne veux pas guérir. C’est parce que la majorité de mes ami(e)s me l’ont suggéré à un moment ou à un autre. Au début, j’ai tout essayé et après je réalisais qu’en essayant de faire toutes ces choses je me rendais plus malade, pas mieux. S’il existait une cure, ou simplement une aide, à ce moment-là toutes les personnes qui ont la fibromyalgie le sauraient. Il y a de la recherche à travers le monde (ici et là sur Internet), et de l’
entraide entre les personnes qui ont la fibromyalgie : si quelque chose pouvait nous aider, nous le saurions.

Si après avoir lu ça, tu veux encore suggérer une cure, bien, fais-le, mais n’imagine pas que je suis prêt(e) à l’essayer. J’écouterai ce que tu me dis et en parlerai avec mon médecin.
Sur plusieurs points, je dépend de vous,
les gens qui ne sont pas malades,
j’ai besoin de vous pour me visiter quand je suis trop malade pour sortir. Quelquefois j’ai besoin de votre aide pour faire les courses, cuisiner ou faire le ménage. Je peux avoir besoin de vous pour m’accompagner chez le médecin. J’ai aussi besoin de vous, vous êtes mon lien vers ce qui se passe dans le monde extérieur.. Si vous ne venez pas me voir, probablement que je ne pourrai pas vous voir.
… et, aussi souvent que possible j’ai besoin de vous pour me comprendre.



La distraite

j’étais sortie vite fait, laissant mes amis le temps de descendre la poubelle,
je remonte par l’ascenseur, forcément,
j’arrive devant ma porte
appuie sur la poignée
et découvre, étonnée,
que mes amis se sont enfermés à l’intérieur
je me dis c’est une blague je secoue la poignée
tape à la porte drinn drinn comme une dingue sur la sonnette
enfin j’entends le bruit du verrou, la porte s’ouvre,
et je lance

“ben alors tu t’enfermes” en entrant dans l’appartement
… de la voisine du dessous
qui me ragarde baba et stupéfaite
Je m’étais trompée d’étage dans l’ascenseur !



Pourtant…

Pourtant que la montagne est cruelle
D’vant moi sans que j’puisse y monter
Je rêvais d’atteindre le ciel
J’crois bien qu’vais y renoncer

Je suis
J’étais
Je sais

J’essuie
J’étaie
J’essaye

J’ai suivi
Jette ma vie
Je tente, aie

Pourtant que la montée est belle
De l’enfance à la maturité
Mais oui on m’a coupé les ailes
Et l’automne ne vient que d’débuter !

J’étais vivante
Je serais désirante
Je veux exister

J’étaie ma pauvr’âme
J’essorerais mes larmes
Je veux me réinventer

Jette tout c’qui s’lamente
Je suis redevenue vibrante
J’aime et me sais aimer

Pourtant que la vie m’ensoleille
Comment avais-je pu oublier
En regardant d’ma vie les ficelles
Qu’aujourd’hui vient de commencer !



Trop bête !


Ma collègue éclate d’un grand rire moqueur en me voyant fermer le robinet de droite avec la main gauche, elle pouffe du haut de sa niaiserie mesquine et quotidienne : « tu fais quoi ? »

Je réponds dans un sourire pas du tout forcé : « je ferme le robinet »

Elle (qui lorsqu’elle tient une prise ne la lâche pas comme ça) : « Ce ne serait pas plus simple de le faire avec l’autre main ? »

Moi : « Si, mais je peux pas, cela fais seulement deux semaines que je me suis fais arracher le bras, tous les ligaments péter, aucun tendon de récupérable et le muscle lacéré jusqu’à l’os … alors tu vois, ils ont pas pu le réparer parfaitement, alors pour l’instant, je bouge pas trop mon bras droit… »

Elle, livide soudain très gênée, (très contrariée aussi de n’avoir pas su la sanguinolente histoire que je lui conte maintenant) :  « ah bon, mais je savais pas, qu’est ce qui t’es arrivé ? »

Moi : « C’est une voiture… en descendant mais c’est pas trop grave, je suis gauchère! »

Elle : « Ben quand même… ! pfiouuu la voiture t’a renversée ? »

Moi : « non pas du tout, j’ai eu mal au bras en claquant la portière … » et je pars, la laissant face à ses neurones qui essayent de comprendre où c’est qu’ça cloche !

Elle m’énerve beaucoup moins maintenant que j’entre dans son jeu plutôt qu’avant quand j’essayais de lui expliquer ce qu’est une fibromyalgie …



Erruption

Je suis sur les pentes d’un volcan en éruption, il crache sa lave en aspergeant toute sa cime, il assombrit le ciel et couvre toutes choses d’une poussière gris crasse, il y a aussi de part et d’autre de larges coulées de terre en fusion qui rampent vers la plaine…

Je suis là… Je marche calmement.

La police hurle les ordres d’évacuation, les sirènes des pompiers s’affolent de toutes parts, des gens crient, des gens courent, ici un homme pleure, là une gosse hurle blottit dans les bras de sa mère…

Je marche

Un voisin me croise en s’arrête, il est en pyjama, hirsute, lui qui est toujours si bien mis avec son petit costume et sa cravate verte, je lui sourit… il me regarde totalement ahuri et ne trouve rien d’autre à me balbutier qu’un pauvre « heu… on y va ? »

Je lui souris, si je ne me retenais pas je poufferais, il est si drôle dans sa panique…

Une boule de lave explose non loin de nous, il tremble de tous ses membres, le pauvre je lui prends le bras, il sursaute, je lui montre les bus pour l’évacuation, «Courage, il reste des cars, allez-y » il esquisse une grimace et part en courant vers le parking

Je marche… J’ai fait déjà évacuer ma famille, ils sont tous à l’abri, pour mes biens j’avoue que l’indifférence est de mise au milieu de tant de désastre humain, on se posera la question du confort plus tard.

J’avance calmement, je n’ai aucun moyen d’assurer ma sécurité personnelle… Mais pour les autres est-ce différent ? Tout à l’heure un bus entier à été emporté par un écroulement de terrain, la route soudain a disparu… Les pauvres gens qui n’avaient pas eu la place de monter dedans hurlaient… hurlaient d’être vivants, hurlaient pour ceux qu’ils avaient vu s’ébouler quelques centaines de mètres en contrebas…

J’avance sur ce chemin de terre, j’ai déjà au moins fait trois kilomètres, je devrais arriver au débarcadère avant la nuit… par moment on ne voit pas à trois mètres devant… Je crois que je n’ai pas la force de ressentir ma peur… alors je marche, concentrée sur mon itinéraire…

Tiens je reconnais la voix de Marcel dans le porte-voix, il tremble jusque dans sa gorge le pauvre… Ses mots vibrent lorsqu’il demande aux gens de « rester calme », il donne les instructions pour contourner l’éboulement de la route… On sait Marcel, t’inquiète pas Marcel ce n’est pas ta faute, tu fais comme nous tous, de ton mieux, alors courage, continue, t’inquiète pas tu fais bien… je lui souris intérieurement, il est gentil ce Marcel, j’espère qu’il s’en sortira…

Je marche, une tendre idée me vient en tête… Je pense à ce gars qui m’a téléphoné l’autre jour..

Un grand crac flambant derrière moi… Oh l’arbre que je viens de dépasser est en feu… Il était rayonnant d’un équilibre royal, les flammes le rendent féerique mais pourtant la combustion me fait penser à l’enfer puisqu’elles se nourrissent de lui jusqu’à ce qu’il ne soit plus… Vivre tranquillement ou brûler magnifiquement en un instant ? Je préfère ne pas briller si fort, et avoir une chance d’avancer encore, j’ai tant de route à faire…

Je marche. C’est marrant comme j’ai trouvé sa voix sympathique, elle était pile dans ce que j’avais envie d’entendre… il m’a fait rire, un type intelligent aussi…

Tout à l’heure du haut du Mont Saint Roland, j’ai vu le village de Bifort… Les gens ont tous eu le temps de partir, c’est un peu triste tout ce gris. Le bourg est intact mais chaque maison est recouverte de poussière, quartier de vie, vide, désert, intact comme un vieux souvenir, inutile et dépassé…

Je marche, je sens une émotion monter en moi, j’aimerais lui offrir ma tendresse à cet inconnu, oui pourquoi pas lui, pourquoi ne pas lui offrir tous les câlins de mes bras, poser mes mains sur son visage, lisser sa peau du bout des doigts, poser mon front contre le sien, yeux fermés… Je marche

La ville de Layter a été totalement rasée paraît-il, dommage, c’était une belle ville, avec un centre culturel assez dynamique… La gare était toute neuve… Layter était en train de s’étoffer… la maire avait plein de projets… plus de train, tout le monde descendu en une seule déchirure…

Je marche, j’imagine qu’il tient ma main, non, je n’imagine pas, je sens qu’il me tient la main… sa peau est douce, je lui murmure que je l’aime, et je marche sans lâcher sa main…

Aïe, zut, je viens de me prendre une pierre dans l’épaule… Bon c’est pas dramatique l’épaule c’est pas ça qui m’empêchera d’avancer… L’homme me prend dans ses bras, il est si tendre… il me sourit, confiant et heureux bien qu’un peu surpris, lui aussi, de cet amour violent que nous partageons, il marche à mes cotés, …

Il y a déjà un moment que je n’ai pas vu quelqu’un, j’espère que ceux qui ont tenté de rejoindre le grand port y parviendront, parce qu’avec la route détruite, ils ont un sacré détour à faire… L’homme et moi avançons main dans la main, je me sens mieux depuis qu’il est là…

Lorsque je me sens fatiguée, je plonge dans ses yeux, j’y puise la force de continuer… Je marche…

Je me retourne, quelqu’un arrive en courant et me crie « cours, cours, la lave, elle arrive… »
Je marche, l’homme tendrement me serre la main…



L’automne en corps

Il y a en moi un être qui tremble, une feuille fragile, à peine verte, à peine éclose et déjà sèche, saisons d’hormones, ma vie passée, d’un coup de vent balayée…

Je danse dans le tourbillon d’automne, je danse pour me glisser entre les courants glacés qui me tuent et les espoirs ascendants qui pourraient m’aider à m’élever au-dessus de cette poisse qui m’enlise…

Parfois un vent du sud déverse sa saison chaude, mes larmes arrosent la mousse du pied des arbres où je repose.

Trempée je lève quand même le nez au ciel, parce que j’aime le soleil qui brille entre deux nuages…

J’ai si peur lorsque j’entends passer le pas froid et imbécile d’un Monsieur « bien comme il faut », un qui sait, un qui dicte la règle pour tous, un qui me refroidit tant il manque de vie…

Je saisis la première bécasse qui s’élance pour peu qu’elle ait un poil de créativité coincée dans le bec…

Je m’envole, je nage dans les nuages, brouillard sur ma vie, je ne sais plus où j’en suis, j’ai froid, j’ai peur aussi.

Ce vent qui me prend est plus fou que mes rêves. Il me chahute, il me renverse et m’abandonne au premier trou d’air.

Je chute, je tombe sur une épaule, aie, une fois le premier choc passé, elle est assez jolie la vue d’ici… mais déjà le souffle m’entraîne vers d’autre lieux, d’autres montagnes….

Je suis si fatiguée, parfois je rêve que l’hiver finira par me souder dans ces glaciers, que refroidie par son baiser, je n’aurais plus de raison de tant trembler…

Dans l’élan de la dernière sève qui me reste, je m’évade à l’assaut de la vie, je croque des paysages et des êtres, des odeurs et des couleurs, des sentiments et des sentis vrais…

J’avance dans ce cloaque, tremblante peut-être, mais vivante.



Aie tu m’as raté

 

Aïe ma mère décidément tu m’as raté !

j’arrive pas à attraper mes pieds !

Faut dire qu’ils sont à l’autre bout de ma tête

alors je ne sais pas si vous imaginez la distance !

surtout en contournant le ventre !

J’ai les bras trop courts,

j’ai le coeur heureusement

assez accroché pour supporter la gymnastique !

Mais avec cette fracture de la colonne

avec l’arrachement des trois doigts de la main droite

et l’index gauche où il manque une phalange,

avec mon épaule démise

et mon poignet pas remis du tout…

Pffff qu’elles sont longues mes jambes !

Bon allez j’arrête de me plaindre

tant pis

je renonce à m’habiller,

aujourd’hui c’est décidé

je vais bosser nue !



catastrophe aérienne

 

Je suis si fatiguée…
Ma tête est vide
Tout laissé couler
J’arrive plus à penser.
Trop fatiguée
Je comprends plus
Envie d’écrire
Quand même

Je peux encore remuer les doigts
Je suis, … non, enfin je ne sais pas
Je n’essaye plus de me relever
Je suis coincée dans les gravats,
Mais ça fait pas mal
Si je ne bouge pas
Je n’ai pas eu le temps d’avoir peur
Je n’ai plus le temps d’avoir peur
Maintenant c’est fichu
Je suis fatiguée
J’ai même pas de balise de détresse
J’peux pas l’attraper, elle a roulé là-bas
C’est con, les avions
On dit que ça décolle
On ne dit jamais que ça s’écrase
Des fois…
C’était une mauvaise fois…
Il va m’attendre
Je ne sais plus quelle heure il est
Peut-être qu’il sait déjà
Que l’avion n’arrivera pas
Dommage,
J’aurais aimé qu’on ait notre chance

J’ai si mal à la tête
Ça me tue les mots du stylo
J’espère que Ben saura combien je l’ai aimé
Qu’il lira ce que j’ai écrit
Pour d’autres et puis pour lui
Qu’un jour il saura
Que je ne l’ai pas abandonné
Je suis si fatiguée,
On me l’a volé et j’ai cédé
Pour ne pas le déchirer
Je l’aimais trop pour m’arc-bouter
J’ai plus d’énergie
Je ne voulais pas que tu finisses comme moi
Mon fils,
Ecrasé entre deux tôles
Je me sens si lasse
Comme si un venin
Tout doucement
M’engourdissait de l’intérieur
je me sens poisseuse
Ce soir je meurs et toi tu vis
Tu ne sais pas que je t’aime
Mais mon amour avait ce prix
Mon fils, tu as suivi ton père
Là-bas, derrière d’autres frontières
Tu m’as perdu de vue
Tu m’as perdu amer
Tu ne me reconnais plus
Et moi je suis là sous cette carcasse
Incapable de bouger
Ni même de crier
Plus la force de te dire
Que je n’ai jamais cessé de t’aimer
T’aimer à te perdre
T’aimer à te vouloir vivant
T’aimer libre et triomphant
Méprisant hélas ta maman
Mais debout maintenant
Mon fil devenu homme
Tu sais c’est juste la montagne
Qui a plongé vers nous
Et puis tout s’est écrabouillé
Je suis toute explosée
Je suis si fatiguée
Vit mon bébé,
Vit mon tout petit à moi
Vit mon tendre Ben
Tant pis si tu ne sais pas que je t’aime
Un jour peut-être quelqu’un d’intelligent
T’aidera à comprendre que tu as eu une maman
Et quel amour il m’a fallu pour te laisser partir
Dommage que maintenant il te soit trop tard pour revenir
Et puis tu sais il n’y a personne ici, juste le bruit du vent
Jamais, jamais plus… non pas de vie, juste le vide
Quand je serais partie Il ne restera rien,
Rien qu’une trace d’un moi
comme si j’avais existé
Avant de m’envoler
Avant de m’écraser
C’est quoi ces restes ?
C’était qui… moi
J’ai froid…
Ne regrette rien mon fils,
Continue de grandir
Bâtis ta vie de ton mieux
Construis-toi encore
Existe de tout ton cœur
Vis, mon joli, tant pis si je meurs, c’est pas important
Il y a si longtemps déjà que tu n’as plus besoin de moi
Essaye juste un jour de n’avoir plus besoin de me hair
Pour pouvoir simplement aimer mon souvenir
Je n’aurais pas pu te dire adieu,
Tu n’aurais pas voulu me voir
C’est con la vie des fois
Je suis fatiguée…
J’ai mal à la tête…
Je suis presque partie déjà
J’avais bien prévu de voyager
Mais pas autant, pas comme ça…
Je ne sais même pas où je vais
Oui, je me sens partir
Mais je n’ai pris ce billet
Si, je m’le suis pritsdans la face
Une lassitude terrible qui m’engourdit …
J’ai pas peur,
T’as un frère et une sœur…
Si tu trouves un jour la paix ne les oublie pas
Ils sont eux aussi mes enfants
Ils te raconteront,
Eux, qui j’étais,
Si un jour tu veux savoir
Je vous aime tous les trois
Je vous ai tant aimé…
Même mes pensées s’enfuient
Qui m’a débranchée ?…
Je ne peux plus bouger…
C’est con que ça soit arrivé maintenant,
J’aurais aimé vivre encore,
Oui j’aurais aimé, aimer…
Ça fait pas mal d’aimer
C’est vivre aimer…
C’est idiot de rester coincée
Dans une telle position,
J’aurais au moins pu m’écraser à plat ventre !
Mais là remarque, je vois les étoiles,
La nuit, c’est joli les étoiles…
Je vais regarder les lumières de la nuit
Tant qu’elles brillent, tant que je les vois
Oh… zut ma main gauche ne bouge plus.
On dirait qu’il y a du brouillard
Je suis fatiguée mais j’ai peur de dormir
Je ne veux pas m’endormir, pas maintenant
Pas encore, j’ai envie de vivre
Je n’entends rien,
Y’a pas de vie ici
C’est froid la solitude
Je n’avais jamais été aussi seule avant
Est-ce qu’il y a des carnivores dans ce coin ?
J’ai sommeil, tellement sommeil…

 



J’aime

 

J’aime mon téléphone parce qu’il pourrait sonner et m’offrir ta voix

J’aime mon pc parce qu’il me permet de t’écrire et de te porter mes mots

J’aime mes yeux qui me permettront de te lire ce soir

J’aime le casque qui entourera ma tête et glissera tes “je t’aime” aux creux de mes oreilles

J’aime ce train qui m’éloigna hier de toi car ces rails ramèneront vers toi

J’aime mon travail car il me rend libre et digne de toi

J’aime le soleil qui brille ici, il éclaire tes jours aussi

J’aime chacune de mes sensations car je les partageraient un jour avec toi

J’aime l’état de désordre dans laquelle j’ai laissé ta chambre parce qu’elle était remplie de nous

J’aime ceux qui t’entourent qui m’oublieront peut-être ou pas

J’aime l’idée que tu pourras leur parler même s’ils ne t’écoutent pas

J’aime les bruits de la vie qui me disent combien chez toi tout est calme

J’aime ma famille et serait heureuse de te la présenter

J’aime, j’aime, j’aime, oui j’aime

J’aime chaque seconde que je vis…

Justement parce que je t’aime

Je t’aime et tu embellis tout !

T’ai-je dis que je t’aime ?

Hum oui ?

Tant pi

Je le redis

Je t’aime

 



Fatigue

 

tombée,

je suis tombée sur un hic

j’avais pas bu

j’avais pas soif

j’ai cassé ma flûte

affalée

étonnée

muette

j’ai quoi ?

coit

purée d’pois

y’a plus

puit

fond perdu

plus d’mot

plus de liant

des mots sciés

émaux brûlant

trop lent

ralenti

arrêté

silence

désolée

 



12345...9

Violence conjugale |
Psychothérapeute PAU |
Soleil levant |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Conseil de l'Ordre Inf...
| 89-91 avenue du Léman Bonne74
| Naturopathie