Le Gilet de sauvetage …


Journée nouvelle, pleine d’hirondelles…

Ce matin j’ai rendez-vous avec vous. Vous allez m’apprendre une technique d’auto hypnose qui, je l’imagine, va m’aider tant à gérer la douleur qu’à me détendre et donc être plus reposée, moins fatiguée, moins vieille.

Je suis prête. Je vais quitter la maison. J’ai regardé le plan, il ne me reste que quelques kilomètres à faire entre mon corps et vous.

Ce matin était particulier, vous savez, ma fille faisait sa rentrée scolaire. Trois ans, plein de vie dedans, plein d’envie, vitalité heureuse, vive toi ma belle Lucy. Sa maîtresse, Sonia, est absente pour l’année… Un grand chevelu accueille les enfants, et, tel un pitre content, il se présente… – « Bonjour je suis Sonia… » Lucyole n’est pas inquiète, les collectivités, elle connaît. Avec la maladie je ne pouvais décemment pas lui faire vivre le «maman reste à la maison, alors toi aussi, tu vas vivre au rythme de mes limites.» Gardée depuis presque trois ans dans des petits collectifs, elle s’occupe de découvrir la classe, et nous dispense d’un joli sourire accompagnant son «au revoir» de la main. Je l’aime. J’aime son indépendance et son chant conquérant. A tout à l’heure ma fille.

Maintenant l’heure est à moi, je m’occupe juste de moi et en plus je confie à une autre le soin de m’aider à prendre soin de moi. Oui c’est le temps du soin, de mon soin à moi. Je m’apprête à partir. Le téléphone sonne. C’est… c’est juste une douce voix ennuyée… qui me dit que vous n’êtes pas là.

Oh… ! Mes épaules prennent un coup de vieux, le fourmillement de la lassitude en profite pour me grignoter de partout… Déjà la petite fille fragile dans ma tête fait le rictus d’avant les larmes. Je pense à demander si vous serez absente longtemps… Oh, non ! Ah… demain ! Oui vous pourrez me recevoir demain ? Chic les larmes ne sont pas pour aujourd’hui, je tiens depuis si longtemps que demain c’est presque maintenant.

Demain, une fois ma fille déposée auprès de la souriante «Sonia les biscotos à la voix grave»,  (l’instituteur remplaçant) je  viendrais vous rencontrer… Demain… J’ai rendez-vous avec vous.

*************

Ce que vous me proposez aujourd’hui c’est de me donner un outil et de m’apprendre à l’utiliser.

Bon, c’est vrai que pile là maintenant, j’aurais surtout envie de maternage, mais j’avoue que, sur du long terme, m’offrir l’instrument que j’emmènerais partout avec moi, et que je pourrais utiliser en cas de besoin, oui, c’est une bonne idée.

J’aime votre discours d’effacement. Vous ne pouvez pas effectivement porter mon corps, mais vous m’offrez l’outil qui fera que je ne coulerais pas tout en étant pour une fois pas sur la pointe des pieds dans la vase gluante… Oh, encore de l’eau !

Est-ce parce que j’ai soif que je pense eau ? Ou plutôt que j’ai peur de me noyer dans la douleur, ou encore pire, de me répandre si je laisse mes larmes couler… Tant de larmes… je devrais déjà être toute desséchée…

Heureusement que je suis une affective, buvant chaque goûte d’estime que je trouve dans les sourires amis. Cependant j’aimerais n’avoir pas tant d’occasion de pleurer, je voudrais me sentir plus forte, je ne voudrais pas contribuer à la montée des eaux…

Pas de panique, bien protégée dans mon petit radeau à moi, réglé pour moi voir même cousu main et sur mesure, j’ai ma chance.

Je n’ai plus qu’à en apprendre le fonctionnement, très bien, … apprenez-moi.

 



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