lutter ?

Depuis deux trois jours j’ai une idée qui me trotte dans la tête, … ce n’est peut-être pas ici que je devrais la développer, mais, comme vous êtes là… j’en profite, on demandera à déplacer si nécessaire… (pardon les zoms de l’écrire au féminin, c’est la loi du nombre)

Voilà mon idée : je pars du fait qu’il me semble que la plupart des fibro était des personnes qui ne savait pas prendre soin d’elle, mais qui prenait sur elles. C’était toujours l’écoute des autres, le service des autres le bien être des autres…

Un ami me dit que j’en fais bien autant que des tas de personnes qui ne sont pas malades… Hum peut-être mais si seulement il m’avait connu avant.. il comprendrait que ce à quoi je suis réduis, niveau activité, c’est RIEN ! Et voilà tout est dit… Les fibro on est des gens qui en faisait trop, longtemps on a tenu, avec des périodes plus ou moins d’écroulement mais toujours on a serré les dents, on a porté, et pris sur soit…

Quand Dame Fibro arrive….

1) Cela nous recentre sur nous et notre corps, bah oui on l’a bien négligé celui là !

2) Cela nous limite dans notre activité (il était temps (petit navire et vogue la galère)

3) Cela occasionne forcément un impact sur notre entourage…

1) Les devenues-fibro ne peuvent plus fonctionner pareil, notre corps et ses douleurs nous interdisent et nous punissent d’ailleurs dès qu’on en fait trop. Avec une fibro il y a l’obligation absolue de s’écouter, de prendre du temps pour son bien être, de mesurer nos forces avant de les distribuer, de dire « moi d’abord » pour ne pas s’effondrer… 

2) La fibro oblige à s’auto limiter dans notre suractivité habituelle, on a le sentiment de ne plus rien faire… difficile de garder le boulot, impossible d’assurer le ménage, la lessive, le jardin, les déplacements, les gosses, tout est une dépense d’énergie énorme qui nous oblige à faire des choix et à ne faire que l’essentiel… et aussi de ne pas faire la tâche des autres…

3) Bien sûr que la fibro agit sur l’entourage : …selon chacun et chacun des proches c’est différent mais il me semble qu’il y a des constantes : nos zoms doivent faire avec, pallier à ce qu’on ne peut plus faire, accepter de ne plus être porté par nous, grandir… hum oui c’est peut être ça : la fibro permet à notre compagnon de devenir adulte ! Super ! parfois… il fuit, il veut pas et alors parfois on le jette… oups !

Nos zenfants… et bien eux aussi il sont bien forcés d’apprendre qu’on n’est pas à leur service, qu’ils peuvent faire plein de truc sans nous, qu’il doivent même prendre soin de nous parfois, et pourquoi pas !

Les « zami(e) et notre famille élargie doivent une bonne fois arrêter de nous prendre pour la tonique de service celle sur qui on peut s’appuyer, celle qui donne sans rien en retour, la généreuse. Bien sûr ils attendent tous qu’on redeviennent comme avant, qu’on guérisse, qu’on retrouve notre pétillance… Eh les potes, on se calme, si un jour je retrouve la pêche vous n’aurez même pas le noyau !

Voilà mon idée : La fibro est un grand ré-organisateur de vie ! C’est un truc qui se déclenche en nous pour nous obliger à changer, pour nous sauver de ce que nous vivions et qui allait droit dans le mur… La fibro c’est une porte de sortie par rapport à notre vie d’avant qui n’en avait aucune, c’est l’occasion de se poser de se demander c’est quoi l’essentiel, c’est quoi que je veux faire moi de ma vie en dehors des envies et des besoins des autres…  Je me retrouve comme une toute petite fille qui a failli passer à côté d’elle-même, j’ai failli rater ma vie… et n’être qu’une prestation offerte, oui mais j’aimais ça… hum… à réfléchir ça aussi !

La fibro est sans pitié : Elle m’a dit :  « stop, arrête un peu assieds toi… tu veux pas  ? tiens décharge de douleurs, ah maintenant tu t’assoies, bien on continue…

Tu veux voler au secours de l’homme qui trouve pas ses chaussettes, vlan je te cloue au lit et il apprendra à les trouver tout seul,

Tu veux protéger ton petit de plus de 20 ans de ses tracas en faisant… à sa place ? Pas question tu t’allonges et t’as plus de force ! Non mais !

Tu veux aller à l’anniversaire de mariage de tonton Guy ? Ok t’y va mais en consommatrice pas pour aider porter organiser amuser la galerie, sinon je t’interdis de prendre la voiture ! »

Tu veux bosser ? Ok mais je te préviens, à petite dose et doucement, sinon…

Oui voilà comment elle nous parle et nous oblige à changer… Impossible de la nier de la contourner, elle habite dedans et est aux commandes…

Lorsque je limite les facteurs de stress je me sens mieux… Lorsque je prends en charge à mon rythme je peux faire des choses, lorsque je prends soin de moi je comprends que c’est indispensable… J’apprends à dire non à ceux qui me bouffaient la vie, je retrouve mon plaisir à moi de faire ce qui me plait moi… Je ne deviendrai jamais égoïste, c’est trop loin de moi, mais je ne me considère plus comme quantité négligeable à traiter après si j’ai le temps… Je regarde et déguste plus le présent toutes les petites choses bonnes qui m’entourent, j’ai moins de projets, (et plus de gigantesques) Je suis moins à tout assumer et laisse plus de place aux autres, plus de responsabilités, plus de liberté aussi…

C’est la fibro qui m’a appris tout ça ! C’est un dur maître, violent même ! Elle n’hésite pas un instant à frapper, et fort, si on ne suit pas sa leçon… mais il me faut bien avouer que j’étais aussi une tête brûlée et que j’aurais rien écouté si elle ne m’avait pas forcée ! Pour m’arrêter il fallait vraiment y mettre le paquet… et la fibro l’a fait…

Voilà cette maladie s’est sans doute déclenchée pour que je puisse changer, apprendre une autre vie, peut- être même vivre mieux (ça on verra quand j’aurais moins mal)

Alors en fait ce qui me questionne aujourd’hui c’est ceci … : Et si je faisais ce qu’elle me dicte au lieu de lutter contre et d’essayer quand même à m’accrocher à ma vie d’avant… Et si je prenais soin de moi, je prenais mon temps, que je vive sans me faire parasiter, que j’aime sans tellement porter l’autre… Et si j’osais à me remettre à aimer la vie, à vivre raisonnablement mais pleinement, sans faire d’efforts maltraitant pour moi, même si les autres l’attendent de moi,

… si je réorganisais ma vie autour de mes besoins et mes envies à moi… Est-ce que la fibro s’endormirait ???… (bien sûr en laissant une veilleuse de surveillance, les rechutes vers nos vieux démons, nos habitudes, notre vie d’avant sont forcément à craindre)

Je trouve que cela vaut la peine d’essayer, si la fibro est venue dans moi comme une sauvegarde d’un moi que je négligeais, alors, ok, je change, et dans cette cohabitation avec la fibro… je deviens quelqu’un, quelqu’un fort de mon passé, quelqu’un capable de prendre soin de moi…

(hum cela me renvoie à ma demande de soin originel qui n’a pas été comblée et qui ne le sera jamais plus…)

Peut-être ne suis-je pas une petite fille perdue, mais enfin une femme capable de prendre soin de moi… et si j’essayais ?



1 commentaire

  1. Margaux 14 janvier

    Bonsoir,

    je suis intéressée par votre approche de la fibromyalgie.

    Peut on se parler par mail ?

    (oui bien sur !)

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