une autre version du Miteux

Alors, voyons le Docteur C… 26 rue de la République…

36, c’est plus loin

30, on y est presque,

Ah, voilà 26…

Euh non, j’ai dû me tromper…

Cette porte d’allée est sordide, quelques boîtes aux lettres défoncées juste à l’entrée. La peinture caca d’oie des murs est couverte de moisissures que les parties écaillées enjolivent comme des myriades d’irruptions du non-pourrissable…

Aucune plaque médicale, pas de nom sur les boîtes laissant supposer qu’un médecin puisse se trouver quelque part au-delà du sombre couloir… Je ressors, le pas incertain, heureuse d’être éblouie par le soleil. La pharmacie est ouverte, je vais demander.

L’employée me confirme que le docteur Cr… est bien là juste au numéro 26… Non ? Si ! Devant mon regard incrédule, elle sort sur le trottoir et me désigne la porte toute proche…

Bon, ne jugeons pas les choses sur l’apparence extérieure, les gens encore moins… entrons…

Je me lance avec force de conviction dans la tentative de traversée du couloir crasseux. J’arrive dans le local à poubelles. Là des consignes… Je lis… blabla bla et je sais maintenant qu’on ne doit mettre les poubelles sur le trottoir que les mardis et vendredis matin… Bien, nous sommes jeudi, il y a le temps, j’avance… euh, je fais quoi là moi ? Ah oui je voulais voir le docteur Cra…

Un escalier… Je monte. Sur la porte gauche une plaque trop grande et très sale, eh bien, ça valait le coup de monter pour voir ça, … c’est indiqué « sonnez et entrez »…

J’entre. La salle d’attente est vide. Immense et vide… Oui bien sûr il n’y a personne mais surtout, il n’y a pas de meubles… enfin si… si peu…

Sept chaises dont une cassée. Un tapis tout gondolé, un table ronde où loge un charançon très travailleur vu le tas de sciure sous le pied central.

Au mur, les araignées ont estimé que, puisque aucune décoration n’avaient élues domicile, elle pouvaient créer selon leurs humeurs, longues écharpes ou napperons grisonnant. Un pauvre poster représentant une œuvre de Matisse, maintes fois punaisée et partiellement déchirée tente à lui tout seul d’exister.

Sur le sol, non loin de la fenêtre, au milieu des feuilles mortes et du terreau répandu… une plante. J’imagine que le suicide est contraire à ses principes… car son état de dépression avancée me donne envie d’abréger ses souffrances.

La peinture des murs était jaune, les plinthes blanches. Entre les deux, sur le sommet de la planche de bois un liseré marron qui fait office de réchampi cotonneux.

Le docteur Crad… sort de son cabinet et entre dans la salle d’attente… c’est mon tour. Je me lève, hésite… à mon tour je saisis la poignée de la porte, mais de celle qui conduit au grand air…

Je dévale quatre à quatre l’escalier ruiné par le temps, je repasse devant les boîtes aux lettres où son nom se cache, griffonné au stylo sur un petit papier blanc et collé avec un scotch jauni,

Docteur Crado, sur rendez-vous uniquement…



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