catastrophe aérienne

 

Je suis si fatiguée…
Ma tête est vide
Tout laissé couler
J’arrive plus à penser.
Trop fatiguée
Je comprends plus
Envie d’écrire
Quand même

Je peux encore remuer les doigts
Je suis, … non, enfin je ne sais pas
Je n’essaye plus de me relever
Je suis coincée dans les gravats,
Mais ça fait pas mal
Si je ne bouge pas
Je n’ai pas eu le temps d’avoir peur
Je n’ai plus le temps d’avoir peur
Maintenant c’est fichu
Je suis fatiguée
J’ai même pas de balise de détresse
J’peux pas l’attraper, elle a roulé là-bas
C’est con, les avions
On dit que ça décolle
On ne dit jamais que ça s’écrase
Des fois…
C’était une mauvaise fois…
Il va m’attendre
Je ne sais plus quelle heure il est
Peut-être qu’il sait déjà
Que l’avion n’arrivera pas
Dommage,
J’aurais aimé qu’on ait notre chance

J’ai si mal à la tête
Ça me tue les mots du stylo
J’espère que Ben saura combien je l’ai aimé
Qu’il lira ce que j’ai écrit
Pour d’autres et puis pour lui
Qu’un jour il saura
Que je ne l’ai pas abandonné
Je suis si fatiguée,
On me l’a volé et j’ai cédé
Pour ne pas le déchirer
Je l’aimais trop pour m’arc-bouter
J’ai plus d’énergie
Je ne voulais pas que tu finisses comme moi
Mon fils,
Ecrasé entre deux tôles
Je me sens si lasse
Comme si un venin
Tout doucement
M’engourdissait de l’intérieur
je me sens poisseuse
Ce soir je meurs et toi tu vis
Tu ne sais pas que je t’aime
Mais mon amour avait ce prix
Mon fils, tu as suivi ton père
Là-bas, derrière d’autres frontières
Tu m’as perdu de vue
Tu m’as perdu amer
Tu ne me reconnais plus
Et moi je suis là sous cette carcasse
Incapable de bouger
Ni même de crier
Plus la force de te dire
Que je n’ai jamais cessé de t’aimer
T’aimer à te perdre
T’aimer à te vouloir vivant
T’aimer libre et triomphant
Méprisant hélas ta maman
Mais debout maintenant
Mon fil devenu homme
Tu sais c’est juste la montagne
Qui a plongé vers nous
Et puis tout s’est écrabouillé
Je suis toute explosée
Je suis si fatiguée
Vit mon bébé,
Vit mon tout petit à moi
Vit mon tendre Ben
Tant pis si tu ne sais pas que je t’aime
Un jour peut-être quelqu’un d’intelligent
T’aidera à comprendre que tu as eu une maman
Et quel amour il m’a fallu pour te laisser partir
Dommage que maintenant il te soit trop tard pour revenir
Et puis tu sais il n’y a personne ici, juste le bruit du vent
Jamais, jamais plus… non pas de vie, juste le vide
Quand je serais partie Il ne restera rien,
Rien qu’une trace d’un moi
comme si j’avais existé
Avant de m’envoler
Avant de m’écraser
C’est quoi ces restes ?
C’était qui… moi
J’ai froid…
Ne regrette rien mon fils,
Continue de grandir
Bâtis ta vie de ton mieux
Construis-toi encore
Existe de tout ton cœur
Vis, mon joli, tant pis si je meurs, c’est pas important
Il y a si longtemps déjà que tu n’as plus besoin de moi
Essaye juste un jour de n’avoir plus besoin de me hair
Pour pouvoir simplement aimer mon souvenir
Je n’aurais pas pu te dire adieu,
Tu n’aurais pas voulu me voir
C’est con la vie des fois
Je suis fatiguée…
J’ai mal à la tête…
Je suis presque partie déjà
J’avais bien prévu de voyager
Mais pas autant, pas comme ça…
Je ne sais même pas où je vais
Oui, je me sens partir
Mais je n’ai pris ce billet
Si, je m’le suis pritsdans la face
Une lassitude terrible qui m’engourdit …
J’ai pas peur,
T’as un frère et une sœur…
Si tu trouves un jour la paix ne les oublie pas
Ils sont eux aussi mes enfants
Ils te raconteront,
Eux, qui j’étais,
Si un jour tu veux savoir
Je vous aime tous les trois
Je vous ai tant aimé…
Même mes pensées s’enfuient
Qui m’a débranchée ?…
Je ne peux plus bouger…
C’est con que ça soit arrivé maintenant,
J’aurais aimé vivre encore,
Oui j’aurais aimé, aimer…
Ça fait pas mal d’aimer
C’est vivre aimer…
C’est idiot de rester coincée
Dans une telle position,
J’aurais au moins pu m’écraser à plat ventre !
Mais là remarque, je vois les étoiles,
La nuit, c’est joli les étoiles…
Je vais regarder les lumières de la nuit
Tant qu’elles brillent, tant que je les vois
Oh… zut ma main gauche ne bouge plus.
On dirait qu’il y a du brouillard
Je suis fatiguée mais j’ai peur de dormir
Je ne veux pas m’endormir, pas maintenant
Pas encore, j’ai envie de vivre
Je n’entends rien,
Y’a pas de vie ici
C’est froid la solitude
Je n’avais jamais été aussi seule avant
Est-ce qu’il y a des carnivores dans ce coin ?
J’ai sommeil, tellement sommeil…

 



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