Et demain ?

 

Il faut savoir sourire à son passé… Ce qui me paraît important aussi c’est de savoir si la route parcourue a pris une direction qui est celle qui nous plaît, celle qu’on veut vivre pour l’année prochaine… De temps en temps, savoir arrêter la course.. Faire une petite pause, le 31 décembre, la fin de l’année, les voeux, c’est souvent l’occasion de s’interroger…

Oui, ne rien regretter. Faire toujours de son mieux. N’avoir aucun remord de n’avoir pas plus réussi…

Si on a agit «de son mieux» c’est le maximum. “On a fait avec les éléments qu’on avait, avec notre force et le passé qui nous fonde, avec notre compréhension du monde”… Ce n’était à ce moment-là pas possible de faire plus … Bien sur que maintenant avec ce qu’on sait, avec ce qu’on est… Mais à l’époque on ne savait pas… On n’était pas…

Alors, oui ne rien regretter et continuer…continuer à faire de son mieux, tant pis, si c’est pas très réussi, tant pis, si on rêverait une autre vie, une autre sortie…Tant pis.

Regarder derrière, avec un sourire tendre, en se souvenant de tous les petits moments de tendresse, tous les plaisirs de la vie, tous les contacts heureux… Ce qui nourrit, ce qui fait du bien, qui réchauffe… Oui se dire que ce passé est le notre et qu’on en garde le meilleur.

Dans mon grand grenier du passé, où , chaque fin d’année, je dépose mes souvenirs, j’ai un grand coffre à misère… il est profond… très. J’y mets tout ce qui est fini et que je ne veux plus voir. Je tasse un peu, je m’en fiche si ça écrase les trucs d’en dessous… puis je le referme jusqu’à l’année prochaine…
Dans ce grenier, j’ai aussi un tas de bric à brac, des levés de lune, des paysages, des visages, des nuages en mouvement… Des averses qui s’arrêtent, des glissements de terrains qui révèlent qu’avant, une civilisation plus ancienne… avant, la vie était déjà enracinée ici…
Dans l’armoire sur la gauche j’ai déposé les cristaux ramassés en montagne. Celui que j’ai trouvé près de la cascade… Ceux qui étaient là posés sur ma route, offerts, gratuits, sourires… Certains ont été tellement difficiles à conquérir…. Certains pourraient être rougis jusqu’au sang versé… Certains ne sont pas plus gros que le plaisir qu’ils m’ont donnée. Certains sont recouverts d’une fine couche de sel, sel cristallisé, une fois les larmes évaporées… Certains sont beaux… vraiment beaux. Tous sont froids, droits, rigides et érigés… collection de piquants… collection de poignards de glace qui ne fondront jamais…
J’ai aussi dans le berceau, là près de la fenêtre… quelques peluches fanées, un pyjama avec des pieds, un poisson en plastique bleu… un culbuto jaune. Un grand plastique transparent posé dessus…
Une guitare pleine de poussière, souvenirs déçus et enneigés… Il arrive que l’on se trompe… Ça fait mal… c’est mieux, qu’elle reste là… elle m’oublie…
Une robe andalouse… tellement jolie que je ne me lasse pas de la regarder, parfois je me dis qu’un jour peut-être je pourrais de nouveau me glisser dedans… Elle est si belle qu’elle transforme ce qu’elle enrobe en princesse gitane…
La commode, dont le deuxième tiroir ne s’ouvre plus, m’attire toujours un peu… Dans celui du haut, des centaines de photos, des images d’instants…. Une vision figée d’un passé qui n’a pas existé ou alors, de façon si fugace, qu’en fait, lorsqu’on la revoit, après, on ne se reconnaît pas… Des images des autres… Des caricatures qui offrent le déroulement de souvenirs de la vie qui a existé… de la vie qui n’existe plus… Joli “fige mémoire”…
Dans le tiroir qui ne s’ouvre pas quelque chose qui coince… Un truc qui reste en travers… C’est un vieux truc, un très vieux machin qui m’appartient mais qui n’a aucun intérêt, aucune raison d’être là. Je n’ai pas réussi à le jeter ailleurs, plus loin, dans un lieu où il aurait totalement disparu, disparu de ma vue de ma vie… Je ne sais plus ce que c’est, je ne veux pas savoir, je ne veux pas l’ouvrir, je m’en fiche…Il faut bien que les saletés aussi se blottissent quelque part… Je leur laisse ce tiroir… vous l’ouvrirez après la fin de ma vie…

Le tiroir du bas est très lourd… Je ne l’ouvre pas …. ce n’est pas nécessaire… Il contient tous mes textes… Tout ce que j’ai écrit depuis le début de ma vie, depuis mes huit ans tous mes écrits, tous mes cris, tous mes tues… Les non-dit, les impossibles mais les pensables… Ce qui était très moche, ce qui était tellement beau… Le puissant en bien en mal, en lien en mâle… Ma vie, mes écrits…Oui, le tiroir est sacrément lourd… tellement plein… Je l’aime comme un trésor, comme une partie de moi qui dort au calme dans mon grenier… au milieu d’un bazar qu’il faudrait que je range, un jour…

J’ai un miroir où je dois de temps en temps passer un coup de chiffon à poussière. Dans le miroir, une image qui bouge, une image qui vieillit un peu, un peu à chaque fois, une image étrange qui ne me sourit pas… Elle n’est pas triste, pas même lucide, juste là. Elle me regarde sans complaisance, sans animosité. Elle m’aime bien, je crois … Elle m’aimerait mieux, si j’étais mieux… Elle sait que je fais des efforts, beaucoup d’efforts pour tenir debout, elle sait que je ne suis jamais très loin de la chute… Elle pense sans doute que je dois continuer, en faire plus … Je ne sais pas, je ne sais pas si je pourrais… Avancer, y croire, avancer encore, c’est si difficile parfois… Je ne sais pas si je pourrais… Pourtant je n’ai pas le choix alors je la regarde droit dans les yeux… Oui je sais, oui j’avancerai… Alors je la regarde et elle me sourit. Regarder la route devant moi … oui… mais c’est quoi cette route ? Oh ! J’en suis donc là… Bien… Maintenant je décide quoi ? Quelles sont les forces en présence ? C’est quoi mes rêves ? C’est quoi ma voie ?

Je m’assois… je regarde… Pause…petite pause… sourire, yeux et coeur ouverts…regarder avec désir et ardeur… regarder, pour voir encore… Aimer, aimer…Toujours.
 



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