Explosion

 

J’avance dans le couloir.
Et tout à coup c’est l’explosion
Jaillit du fond, le souffle emporte tout
Des milliards de cristaux sont projetés de toutes parts,
Blessant, déchiquetant, griffant traces de leur passage,
Ils vont se planter dans les murs, dans les portes,
Dans ma chair, dans moi, morte… répandue, porté disparue…
Les fragments m’expulsent et me saignent
Et je croule et je coule…
Trouille et vide roule,
Trop éparpillée pour comprendre
Je suis, ou du moins j’étais, dans le couloir,
Flaques de moi, il ne reste que deux jambes,
Un peuplier, pas encore le sapin…
Mais déjà les épines, échardes dans les doigts
J’ai dû mettre la main sur un bout de moi
Oui c’est la gauche, elle bouge
Accrochée au chambranle de la porte
D’une porte qui n’a plus de cadre
Je jette un œil, je ne sais pas où est l’autre
Petits tas de débris non identifiables…
C’est moi…
Tiens un poumon un peu mou mais bon
Il fonctionne, je retrouve un souffle
C’est bien le mien, je respire
Ça aurait pu être pire
Cette fois je n’étais pas au volant
Je m’adosse au mur un instant…
Oh, il y a un mur, ah oui le couloir,
Tiens mais il me reste donc le dos
Sciée à la base je ne voyais que le sol
Pas facile de me repuzzler…
Répulsion de la fragmentation
J’ai les jambes qui tremblent…
Et la tête vide,
Une biche aux abois
Aucun cerf ne veille
Une friche sans cervelle
Je suis qui ?
Je ne suivais personne !
Juste j’étais… !
Ah oui j’étais dans le couloir
Et je suis moi
Ouf idées en place
Je panse, déleste le pire
Je transe et je m’aspire,
Je veux donc j’essuie
Enfin je me retrouve,
Je comprends
Je sais
Tout va bien
Ce n’est pas grave,
Non laissez,
Je vais ramasser
J’ai l’habitude
C’est comme ça à chaque fois

Que j’éternue…

Attendez
Me rassembler,
Me concentrer, …
Tout va bien,
Excusez…



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