les cormorans

 

J’aime les cormorans.

La mélasse est tiède,

Elle m’enlace et me piège.

Etre oiseau, rire en volant.

J’ai le corps mourant.

J’ai mal à mon désir de vie.

Plonger et voler, à l’envie…

Un peu de moi est anéanti

J’ai le brouillard à l’intérieur.

Nager même en profondeur…

J’ai éteint le feu du moi rieur,

Je n’ai vu arriver ce souffle de mort.

Il m’étreint, me tue et m’envahit de gris.

Il a totalement pris possession de mon corps.

Être libre, sauvage… mais apprivoisé, aussi…

La sève chaude, qui d’habitude me nourrit,

Ne connait plus le chemin de mes mains.

Pêcher pour moi et aussi pour un humain…

Je ne sais même pas s’il existe un demain.

Tout est si sombre.

Le soleil plombe.

Les bras m’en tombent.

Et je n’ai pas la force de les ramasser,

Être un cormoran apprivoisé…

Je suis tellement épuisée…

Libre, mais jamais seule, voler…

Mes jambes, quelque part sous le bureau,

éparpillées entre le sol et le bas de mon dos,

Gémissent leur douleur et frémissent leur peur.

Le poisson est la cible et l’enjeu, de son ardeur…

A chaque nouvelle attaque, à chaque agression,

Mon cerveau se fait tout petit, il joue l’endormi,

Il ne lutte pas, il fuit, et je reste seule, sans pensée,

Sans pouvoir panser ce corps trop grand en tensions.

Je voudrais être un oiseau… et m’envoler pour oublier…

Une épaule semble vouloir exister, elle bouge endolorie.

Jouer, glisser entre les vagues, plumes unies dans la plongée…

Mes yeux se ferment sous la douleur… Le nez se recroqueville…

Attraper ma proie, et, ne pas la relâcher face à l’astre qui brille…

Les picotements salés se contractent pour ne pas dégouliner.

Ventre dressé vers le soleil, me remplir d’énergie et de vitalité.

Non je ne pleurerai pas cette douleur-là, pas maintenant, pas ici…

Ne plus exister, ne plus rien ressentir des cheveux aux chevilles,

Juste rêver que je vole, entre mer déchaînée et nuée d’orage.

N’autoriser que le jeu bavard de mes doigts sur le clavier,

M’envoler par les mots, bien loin de ce corps en rage

Ne plus penser, j’ai mal, pour pouvoir oser l’écrire

Aimer les cormorans, le temps d’un nouvel essor

Me battre pour créer, malgré l’impossible

Voler, juste dans ma tête, sans avoir peur

Ne pas pleurer et même oser sourire

Aimer toujours, ne rien regretter

N’avoir que le désir pour cible

Un corps d’oiseau en tête

De toutes mes forces

Me battre et être.

Vivre, libre.

 



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