Le Brasier

Elle est là, étendue sur la braise et incapable de bouger. Elle ne crie pas. La tension de sa mâchoire et l’affolement de ses yeux permettent d’imaginer qu’elle a envie de hurler… Mais elle ne dit rien. Dans un gémissement trop puissant pour que le fragile barrage de ces lèvres ne le bloque elle esquisse un mouvement… semblant trouver une position moins douloureuse elle ferme un instant les yeux. Ses dents très serrées impriment au travers de la peau de ses joues une trace de lézarde intérieure…

Parfois lorsqu’elle ne flambe pas, elle cherche du regard l’explication logique de ce sentiment d’arrachement de l’un de ses membres… rien. Tout semble normal de l’extérieur…Lorsque plus de la moitié de son corps vit ravagé par les irradiations mordantes de la maladie, elle laisse les larmes délivrer un peu de sa pression en écoulant au dehors cette douleur muette autant que folle. La position allongée est aussi impossible que celle qui permet d’avancer. Quand, où, et comment, trouver un peu de repos ?

Lors des petites périodes de rémission, entre deux prises de médicaments parfois efficaces, elle assume un semblant de vie normale…

Dans sa pensée une confusion sans limite… Tout se chevauche. Elle pense : « je vais faire ça et ceci, tiens je pourrais organiser cela… Elle est fourmillante de désirs et de projets…Mais parallèlement deux autres idées l’escaladent, la première, crève de rire rouge en se moquant : « tu n’as même pas la force de bouger, comment pourrais-tu faire ce que tu dis » ? La deuxième plus sournoise l’envahie comme une nappe de brouillard… Elle supprime certaines lettres, rendant les mots insensés, elle en inverse d’autre, changeant, à la seconde même de la prise de conscience, le sens de la pensée… Elle crée de grands champs de confusion et d’amnésie, un genre de trou noir aspirant toute réalité de la vie…

Elle, synthèse irréelle, volcan en éruption mais créateur de nouvelle terre, n’en finit pas de chercher la sortie de sa « fibromyalgie ».

Me relisant, je me rappelle, amusée, que lorsque j’étais une petite fille ma mère disait que « être brûlée vive pour l’éternité »… c’était ça l’enfer… !



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