Un volcan ou deux…

 

Un volcan,
Un volcan explose de vitalité depuis la nuit des temps. Il est connu de tous parce que sa flamme ne laisse jamais indifférent et que tous l’utilisent pour se chauffer pour s’éclairer… Un volcan pétille joyeusement sans rien demander à personne. Il s’auto alimente du fond de lui même de ressources d’énergie inépuisables. Il se nourrit aussi du rayonnement du soleil de la caresse du vent, du chant des oiseaux… Un volcan heureux du jaillissement des autres se régale de l’odeur de la pluie et du goût des fruits de ses versants.
Un volcan vit.

Un raz de marée…
Un raz de marée surgit ! Imprévisible, immense. Une vague tellement haute que la nuit entoure totalement le volcan en un instant. L’eau balaye tout. Les vergers sont arrachés et les terres ravagés. Plus une maison n’est entière. Quelques oiseaux qui n’ont pu s’enfuir à temps sont aspirés par la fureur des eaux. Lorsque la vague s’allonge sur le cœur du volcan avec cette force inouïe, il croit que tout est finit pour lui. Elle noie tout et pénètre sans aucune retenue jusqu’au cœur de sa cheminée de lave. Dans un ultime sursaut de vie, il veut protester par un pchtttssss désapprobateur, mais il ne réussit à émettre qu’une fumée grise qui s’élève comme un dernier cri au dessus de lui.
Un raz de marée a déboulé

Une plage.
Une plage très douce où les enfants jouent avec un dauphin, tout est calme ! Au bord de la plage un volcan endormi. Il se tait comme replié sur lui-même, avec juste un panache de fumée blanche qui le rappelle à ceux qui l’ont aimé. Un volcan s’ennuie depuis que sa cheminée solidifiée par l’eau n’émet plus qu’un crachoti d’énergie pour… pourquoi ? Pour sauvegarder l’apparence d’être vivant ? Un volcan crève doucement…

Un tremblement de terre
Un tremblement de terre bouscule soudain les équilibres… Une faille se déchire de la surface des profondeurs… du plus intime de son être le Volcan sent soudain une marée de tendresse le submerger, monter et s’amplifier. Dans un éclat de rire il comprend qu’il ne peut rien maîtriser et dans un flamboiement de plaisir il laisse jaillir sa joie de vivre dans des gerbes de laves chaleureuses.

Un volcan flambe
Un volcan flambe en éruption ! Bien sûr que cela pose des problèmes… Ses larmes de laves qui alternent avec ses projections de roches le brûlent lui-même. Ces rugissements redoublent de violence à chaque fois qu’il regarde la surface de l’eau à l’horizon, là-bas, si loin, d’où est venu le raz de marée… Il hurle à la vie sans plus s’arrêter et il devient difficile de dormir tant son cri est bruyant. Il assaille ses amis des clameurs de son énergie.

De son nouveau puit d’accès à la vie il grandit et découvre stupéfait qu’il n’est pas le seul à s’abreuver à cette source… Le volcan vient de découvrir dans son horizon qu’ils sont deux… et sans doute tellement plus, combien ? Tant que ça ?…
Deux volcans flambent de concert

Un autre volcan est proche
Un autre volcan est proche, très loin mais tout proche… Jaillissant très loin l’un de l’autre, ils se touchent par le cœur dans les profondeurs… Et ils se parlent : Ne leur en veux pas mais ne les écoute pas lorsqu’ils vont te réclamer le feu et que tu as besoin de ta fournaise pour toi-même ! N’accepte pas de te laisser consommer, consumer sans te ménager des retraites ! Défends toi contre les exploiteurs ! Oh, ami volcan, tu réveilles en moi ma vieille haine de n’être qu’insuffisant pour protéger ceux que j’aime…

Je n’oublierai jamais ton cri, je le connais si bien, je connais sa vie mais aussi son goulot d’étranglement qui est à la base de notre floraison et de la pulsion créatrice de tous les volcans. Je l’ai visité, je te raconterai comment tenir, les soirs de cratères trop enfumés…

 



Jour plus jeune

 

Jour de goudron
Je suis bougon

Ben quoi qu’est-ce que tu as, à me regarder comme ça ?
Pourquoi tu ne me regardes jamais lorsque je suis jolie ?
Pourquoi c’est maintenant que je vais mal que tu me vois ?

Jour de cafard
Je suis tare

De toutes façons tu ne me regardes pas, maintenant non plus
Tu jettes tout au plus un œil étonné vers mon air renfrogné
Et vite tu cherches un ailleurs pour poser tes yeux et m’oublier

Jour de glue
Je ne suis plus

Pourquoi tu ne me regardes jamais, qu’est ce que je t’ai fais ?
J’existe pourtant de toute la force de mon désir, je crie ma vie
Et toi tu passes, sans jamais ne voir de moi que transparence

Jour de pluie
Je suis enfuie

Comment peux-tu t’étonner du fait que je ne sois pas restée ?
Vraiment tu n’as pas compris qui je suis après toute ces années ?
Tu souffres de nostalgie et regrettes ce que tu crois avoir perdu

Jour de sourire
Je m’ennivre

Tu ignoreras donc toujours que j’allais au delà de ta vision
Je suis étalée, heureuse, abandonnée à moi-même, libre
Offerte aux regards d’un autre qui peut-être saura m’aimer

Jour de trêve
Je rêve.

 



j’aime, j’aime pas

 

J’aime les gens heureux
Je n’aime pas les gueulants
rendant les autres responsables de leur manquement
J’aime le chocolat
Je n’aime pas la tête de veau
J’aime les enfants
Je n’aime pas ceux qui les blessent
J’aime la nature
Je n’aime pas les sacs plastiques
J’aime le rire qui monte dans la gorge et fleurit dans la bouche épanouie
Je n’aime pas l’image de l’homme qui a trop bu
J’aime le chant des oiseaux
Je n’aime pas l’entendre sortir d’une cage
J’aime dormir seule souvent
Je n’aime pas le faire parce que je n’ai pas le choix
J’aime décorer aménager créer, améliorer
Je n’aime pas la crasse le laisser aller l’abandon
J’aime m’étirer le matin
Je n’aime pas les courbatures après la fièvre
J’aime le bleu le vert et les harmonies de couleurs
Je n’aime pas le délavé, l’écaillé, le dégoulinant
J’aime la montagne les randonnées la fraîcheur de la nuit
Je n’aime pas m’étaler sur une plage sous un soleil qui m’etouffe et m’assomme
J’aime les ciels cotonneux dans lesquels le soleil se couche embrasant l’horizon
Je n’aime pas la fumée d’un incendie, d’un diesel ou du tabac
J’aime l’aube timide mais insistante qui fait cligner mes yeux ensommeillés
Je n’aime pas les sonneries et les tic tacs des réveils sans gène
J’aime le piano, sa voix, ses artistes, ses concertos
Je n’aime pas mon ignorance à le faire chanter
J’aime les responsabilités, la confiance
Je n’aime pas la lâcheté et la médiocrité
J’aime la patine du bois, l’odeur de la cire d’abeille, les poutres du salon
Je n’aime pas l’odeur de l’alcali, les meubles en fer forgé, les fausses poutres
J’aime la liberté d’être avec toi le respect dans tes yeux, l’ouverture de ton écoute
Je n’aime pas l’hypocrisie l’imposé indiscutable et incompréhensible
J’aime le soleil en montagne, mon avenir incertain mais ouvert
Je n’aime pas ce que je fuis, malgré mes larmes et mon chagrin



Le phare

Je voudrais être un phare…

Je voudrais être un phare très loin des cotes.

Seule, tranquille, en pleine mer, juste là parce qu’un récif en dessous pourrait être dangereux, alors, on m’aurait permis de m’installer là pour signaler le danger…

Je serais un peu allumée chaque nuit, au cas où l’un de vous passe par là…

Je serais grande droite, indifférente aux tempêtes, bercée par les vents… Les goélands seraient mes plus fervents agitateurs…

Je resterais branché en permanence sur vos fréquences, vous pourriez m’y joindre à chaque instant.
Vous ondes viendraient me parler du monde, de vos mondes, de vos vies.
Je vous répondrais avec mon cœur et ma tête, je vous répondrais avec la distance mais aussi la puissance du lien que nous avons tissé…

Lorsque je pleurerais, la mer boirait mes larmes ; lorsque je chanterais, les vagues danseraient…

Je resterais debout, je resterais solide, je resterais là, pour vous, parce que vous existez et qu’alors cela vaut la peine que je tienne, que je garde le cap, que je défende la place… que j’offre ma lumière pour vous qui avez encore un bout de route à faire.

Je voudrais être un phare bien installé sur son rocher, n’avoir plus à bouger, plus à partir, plus à tout recommencer…

Être juste un édifice construit, à sa place et utile…

Je serais là et vous le sauriez.
Je serais là et parfois vous viendriez.

Vous accosteriez avec une chaloupe sur mon bout de rocher…
Vous avanceriez, hésitant, marchant doucement comme pour solliciter le droit d’entrer…

Je serais là, brillante du plaisir de vous voir et toute à vous le temps de votre visite.
Vous seriez heureux, je serais vôtre, porte ouverte, vous viendriez en moi et je vous aimerais.

Je voudrais être un phare…



Il neige…

 

Je suis là… tranquille, je chante, il fait 20 degrés, je suis presque sortie du tunnel, Benabar chante et me fait rire… je chante avec lui… Tiens c’est très blanc de l’autre coté… Je sors du tunnel et là … Stupeur…
Je pars en glissade à 110 kilomètres heure, je pars à fond dans la voiture de devant.
Je ne contrôle rien.
C’est l’explosion de terreur dans mon ventre qui se rétrécie sur lui-même
Je prends comme un grand coup dans le plexus,
Mes épaules se tétanisent,
Mes jambes s’agitent impuissantes
Ma gorge est nouée
C’est fini, jamais plus l’air ne pourra y passer…
Je suis en apnée, je déglutis, non je n’y arrive pas
Je contemple impuissante la voiture de devant que je vais percuter sans pouvoir rien faire dans un quart de seconde,
Je n’ai pas le temps de savoir si je dois mettre mes mains pour protéger ma tête.
Je suis terrorisée et je ressens juste en une demie seconde une énorme envie de crier
« Non,
Non,
Je veux vivre,
Je veux vivre encore… »
A ce moment la voiture que je vais percuter part elle aussi en glissade d’un autre côté et m’évite…
J’arrive sur une zone moins glissante,
Je reprends le contrôle de la voiture,
Ça n’a duré que deux secondes mais quelle trouille !
Quelle peur terrible et quelle envie de vivre !!
Ce n’était pas que de l’instinct,
Oui je veux vivre,
J’ai tant à vivre encore
Je veux vivre
Ma fille,
Mon amour
Je veux vivre
Je veux t’aimer



A Kodama

 

Allez, j’avoue, pas de fausse modestie

tu as raison, Kodama, je suis le don,

Le don, le dring et le dong, la dingue,

La dinde de Noël et le doute de Juda

La dette de Pierre et les dattes de Judée

La Dame de haute misère et

le dire ou pire l’écrire

 

C’est moi, le daim de Blanche-Neige

Je suis la biche aux abois

Et la chienne qui ne le fait plus

Je suis la fête, je suis la frêle

Je suis la fenêtre

Je suis donc elle

Quel émoi

 

Et nous deux

Kesako Lalaï Dama ?

Debout sur le moi du monde

dessous le surmoi dans la tombe

Nous pleurons d’un rire jaune

La vie que toutes les peaux aiment

 

Croquer les pommes dedans

Aimer les dehors des hommes

Aimer à s’en rendre ivre

Aimer comme dans un livre

Parce qu’on entre dans la vie en sachant bien

Qu’on a un certain nombre de pages entre les mains

Mais ce nombre n’a aucune importance

Seul l’espace entre les maux compte

Seul l’espoir qu’y met le lecteur vaut

Seul celui qui tient la plume chatouille !

 

Oui je suis le don

et à ce titre… j’ai reçu

J’erre et sue

J’ai et je saurai.

Je suis et je vais

J’aime et je vaux

 

Je peine dans ma peau

J’appelle et chameau

Cha m’emmêle et charmants mots

 

Tu vois, je suis le don

Et donc je suis sept voies

En les tournant dans ma bouche

A la fin de l’an, vois, je louche !

 

Je suis le don,

l’offre sans demande

l’offrande de sens

Jouisseuse d’essence

Je suis le don

Faute de naître

Rien d’autre

J’offre

A toi

 

 



sourires en cascade

 

Jour de courses, il me faut aller dans un grand magasin, acheter des tas de trucs dont des stabilisateurs pour ma fille, oups non pour son vélo… elle a enfin l’âge de quitter son tricycle chéri et d’enfourcher un vélo wouhaou ‘achement grand… mais roulettes recommandées… Bref terrible corvée, il me faut aller à la grande surface …

Je me gare sur le parking, il pleut… le cadi est mouillé, je souris il est frais comme les doigts de ma fille hier lorsqu’elle jouait à laver les cailloux du jardin dans une flaque d’eau…

J’entre dans la galerie marchande… un artisan expose des nappes magnifiques, j’en achèterais bien une dans les couleurs de feu, elle est si belle, je souris heureuse de penser comme elle rendrait ma table jolie.

J’entre dans la fauverie, tiens rayon vaisselle, superbe ces assiettes, dans trois mois, si elles sont encore là je m’en achèterais, je les mettrais sur ma jolie nappe avec ces tasses et ces plats, ces bougies aussi… J’ai envie de m’acheter de la vaisselle pour recevoir ceux que j’aime, envie de cuisiner, envie de croquer la vie…

Rayon bijoux, ces boucles d’oreilles, ce collier ce bracelet, hum oui, merci les bijoux pour ce moment de rêves, tiens les sous-vêtements, envie d’en avoir de nouveaux, des plus coquins, des neufs pas encore déflorés…

Oh superbe ce costume noir, classe et féminin comme tout, je le porterais avec rien dessous, tu me prendrais dans tes bras, tu glisserais tes mains sous ma veste et je verrais tes yeux frémir lorsque tes doigts tomberaient sur ma peau… tu jetterais un œil à peine discret dans mon décolleté afin de vérifier la trace quelque part d’un sous vêtement, tu plongerais alors tes yeux dans les miens me serrant contre toi, et me murmurerait à l’oreille «mais dis donc tu n’as rien là-dessous ?» devant mon rire, tu me rendrais mon sourire heureux, puis dans un éclair de lucidité gourmande tu me reprendrais contre toi posant sans plus de pudeur tes mains sur mes fesses… Je sens tes doigts qui recherchent les limites d’une hypothétique petite culotte, mes yeux rient tant que je ne peux me retenir de t’embrasser le nez et devant ta mine faussement outrée te dire combien je t’aime… hum, oui, dommage, ils n’ont pas ma taille, sinon je l’aurais bien acheté ce costume noir…

Oh mais je n’ai toujours pas trouvé le rayon vélo, mais cette robe de petite fille est magnifique, hum celle-là aussi, tiens un papillon… j’aimerais le coller sur une lettre que j’enverrais… ah voilà le rayon vélo, je prends les stabilisateurs et puis une super sonnette de Oui-oui… Je laisse passer deux personnes devant moi à la caisse, je m’en fiche, moi je rêve, le gars de la caisse me demande si j’ai la carte de fidélité, le pauvre je ne lui dis pas ce que j’en pense mais le jour où je serais fidèle à une centrale d’achat … n’importe quoi…

Je sors heureuse, la vie est belle, il ne pleut plus… je monte dans ma voiture et roule durant quelques 40 minutes en rêvant que je roule vers l’amour…

 



l’être, ou pas !

 

Il y avait un homme qui tenait le lampadaire. Il avait les paupières qui tombaient sur ses genoux. Il était debout et pourtant, il m’a bien semblé voir, ses bras enroulés autour de ses jambes recroquevillées… Comme un enfant qui a peur du noir et se cache pour ne plus le voir. Son nez pendait en plein milieu de sa figure, arbre foudroyé, souvenir que personne n’a pensé à réclamer… Ses oreilles penchaient doucement sous le vent façon cocker déçu. Ses cheveux de beurre ranci tartinaient son épaule de jeans délavé. Ses mains propres aux ongles soignés ne contenaient rien, ne servaient plus à personne. Sa bouche était légèrement ouverte, signe qu’autrefois il avait parlé, signe qu’aujourd’hui même, il aurait peut-être pu dire. Le dos au lampadaire, il ne regardait pas. Il attendait.

 

En passant près d’un lampadaire, l’homme qui marchait vite l’attrapa d’une main et tourna autour, bras tendus, tête en arrière, avec un grand éclat de rire dans la gorge…. Sa crinière en queue de comète dansait dans le vent. Ses yeux pétillaient de souvenirs heureux… Ils contenaient tant de promesses que même ses pommettes ne pouvaient cesser de sourire. Sa bouche gourmande embaumait encore d’avoir embrassée une étoile… Ses épaules larges comme son vécu se sentaient capable de protéger de tous les vents solaires. Les oreilles, écartées par le désir de conquérir, captaient la vie. Son sourcil juvénile affirmait son amour de la liberté tandis que l’autre chantait l’indépendance ! Ses mains burinées et ouvertes, s’avançaient pour cueillir un trésor. Dès son tour de lampadaire fini, il repartit vers l’avant. Il avait tant de choses à vivre…

 

Croyez moi on non…
C’est le même homme…
La différence c’est juste…
Que l’un des deux
Aime et se sait aimé

 



Allo ?

 

 J’écoute

J’attends

Je n’entends rien !

Et l’autre punaise qui se tait !

Allez ! Je veux t’entendre !

Tu y vas oui ?

Marre de rester là à te regarder

et toi l’muet de service

Cause, tu m’entends !

Je t’attends ! y’a quelqu’un ?

Je veux que tu me répondes !

Tu sais très bien ce que j’attends de toi

Je n’entends rien ! J’écoute pourtant

T’es livide de l’intérieur ?

T’as peur ? T’as tort !

C’est le silence qui m’énerve…

Tu te tairas encore combien de temps ?

T’en n’as pas marre ?

Tu m’cherches ? Tu veux quoi ?

Tu ne m’impressionnes pas

Tu veux voir ma main de plus près ?

T’obtiendras rien par le silence

Je m’en fiche

Ça m’touche pas tu sais

Je resterai assise là

A te regarder jusqu’à ce que tu t’y mettes !

de toute façon t’es attaché !

Et ton fil est trop court

pour que tu puisses gagner la porte

t’as tout à perdre à te taire tu vois ?

Si tu t’exprimes maintenant

je dirais rien aux autres

en attendant, crève !

Envie de t’éclater contre le mur

J’attends ! J’entends pas

Tu comprends donc rien à rien

forcément toi tu sors jamais

toujours à te vautrer

sur l’accoudoir de ce canapé

T’as dis quoi ?

Rien ? j’m'en fiche

J’ai le temps !

T’oses pas ?

Tu te cantonnes

Dans l’évitement

Mais saligo tu vas parler oui ?

Ça fait des heures

je te préviens

je te laisse encore quinze minutes

et après je t’éclate !

Tu sonnes où j’te cogne

Saleté de téléphone !

 



les criquets du net

 

Mon cher correspondant internautique skypiqueur !

Je ne sais pas où tu as posé ton casque en t’absentant très provisoirement de notre conversation, mais le cri habituel du criquet ondulant dans mes oreilles est soudain devenu scie circulaire avec une énergie aigue fulgurante…

Je ne pourrai donc plus t’entendre avant trois mois, atteinte d’une surdité congénitale, acquise à la suite d’une perforation de ma tolérance aux bruits de fond

Si en plus de ne plus rien entendre, je te réponds n’importe quoi, à partir de maintenant, c’est que l’aiguillon de l’aigu a transpercé ma boite craneuse, et que je suis devenue barge. N’ayant pas de rame pour trouver la direction d’une berge abordable, j’ai coulé au coeur de l’étang du dos … aucune chance de faire la planche, trop dangereux à cause de la scie !

Bref que mes nerfs n’ont pas résisté à l’affront fait à mes tympans… je suis trétympannée !

J’arrache mon casque, le jette par terre, je hululle à la mort, je roule dans le caniveau, je bave sur le plancher, j’implore la vigne vierge, je renie le chocolat, je n’en peux plus, je me rends, pitié, pitié j’avoue, c’est moi, où dois je signer ? C’est moi qui ai tout fait ! Oui, oui c’est moi !

Tu vois j’ai de moins en moins de cohérence, certaines de mes lettres disparaissent, mes mots bientôt ne voudront plus parler pour moi… je te raconte pas mes phrases, parce que justement, elles refusent de se laisser faire !

Je disparais donc, liquéfiée, pré momie en marais, pas de fleurs ni d’enrubannage pour mes restes qui flottent quelques parts entre ton désir et mes envies…

A l’eau…trop tard, le poisson scie a sommé la raie de la conversation !

 



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