Vous z’êtes connecté vous ?

 

Allô ?

Votre attente est estimée à quatre minutes

Purée je vais les tuer !

La, lala lala llaala lala….

J’en ai marre, je les déteste, c’est pas possible ça !

- Allo, Gilbert, technicien Orange à votre service, je vous écoute …

- Arfff, j’étais en train de dire que j’allais vous tuer…

- Hum et si je tentais de vous aider d’abord et que vous me tuiez ensuite ?

- Affr oui pardon ce n’est pas votre faute à vous personnellement mais je suis enragée, je suis depuis plus de dix jours sans internet j’en peux plus je respire plus, je pense plus, j’en peux plus !

- Quel est votre problème ? et ne vous inquiétez pas, on veut nous tuer toute la journée…

- Ben voilà, le mec d’avant vous qui m’a donné la ligne, m’a dit d’attendre et que ça marcherait, ben j’ai déjà beaucoup attendu je veux savoir si c’est bientôt prêt… !!

- Attendez je regarde donnez-moi votre numéro… Bien c’est bon tout marche il n’y a pas de problème !

- Comment ça pas de problème, tout marche, dites-vous, mais non rien ne marche, ni le téléphone ni internet !

- Vous avez branché votre livebox ?

- Ma… ma quoi ?

- Votre Box ? Est-elle branchée correctement ?

….(réfléchis, réfléchis à toute vitesse, box ça veut dire boîte, je connais boîte à lettres, boîte à pain mais sûrement pas de rapport, mise en boîte… non le mec il oserait pas, bon tant pis je demande…)

Euh… c’est quoi une box ?

- Hum, vous n’avez pas de Livebox, on ne vous en a pas proposé une ?

Ben non… rien, nada, personne ne m’a parlé de cet engin, je savais bien que ça existait mais je croyais que c’était que chez les autres….

- bien alors il vous suffit de vous procurer une livebox dans un point de vente orange et vous suivez la procédure d’installation et tout marchera…

-Youpi, ouf mais franchement on aurait pas pu me le dire plus tôt ?

-Si on aurait dû vous le dire… désolé

-Bon ce n’est pas grave, puis que le problème va être résolu, finalement je ne vous tuerai pas cette fois

(rires partagés, politesse d’usage et bye bye)

Trouver un point de vente orange, pas de problème je vais chercher sur inter.. ; arfff zut, je peux pas… téléphoner aux renseignements… arfff j’ai pas non plus de téléphone… J’enrage je piafff je bouillonne… je cherche

317 kilomètres de voiture, la tête hors de la portière pour mieux voir si dans les enseignes de ces purées de zones commerciales bondées je trouve le logo de chez Orange…

Arff ouf, hein quoi c’est le premier jours des soldes, j’men fiche moi je veux ma connexion !

-Bonjour Madame je voudrais une livebox… Bien vous me la donnez et c’est tout, j’ai même pas quelque chose à payer, juste je prends, je pars ?

(Grand sourire de la dame), – oui c’est aussi simple que ça

Purée de vache qui ne m’avait pas dit que je devais aller me chercher une box !

-Euh excusez moi Madame mon PC il est à deux mètres cinquante de ma prise téléphonique, aurais-je besoin d’une rallonge ?

-Oh non, il ne faut surtout pas de rallonge, par contre le fil est tout petit, ça ne marchera pas….

Arff je meurs je suis morte, je suis terrassée, n’y-a-t’il personne qui veuille me connecter en me rendant mon clavier… ? Mais alors (dis-je, déconfiture de chez purée de pois) je fais comment ?

- Il faut acheter un « truc » wifi pour une connexion à distance..

- Bon, ok j’achète et c’est bon ça va marcher ?

- Oui oui, pas de souci…

J’arrive chez moi, déballe le truc découvre que le cable fait presque trois mètres, les boules, j’avais pas besoin de son truc wifi à 20 euro ! pfff…

Bon, je tente l’installation…

Erreur votre code n’est pas valide, veuillez contacter l’assistance technique au 08 machin machin…

- Comment ça ! « Contactez l’assistance technique » mais ducon justement je n’ai pas le téléphone !!! Alors l’appeler pour qu’il me le donne c’est moyen drôle ton truc !

Je recommence, ouf ça passe… mais trois fois il me proposera de voir avec un technicien au numéro du dépannage… J’enrage je bouillonne et… oh miracle … ça marche !!

J’ai des fils partout dans le salon, c’est tout sauf joli pratique rationnel esthétique je m’en fiche c’est connectique, euh non c’est magnifique ça marche !!

- Allô la terre d’ici, c’est moi me voilà enfin de retour dans ce domaine qui m’a tant manqué !

Bonjour à tous, vive la vie, la wifivie, vive la connection qui m’ouvre un champ de relations dont j’ai pas envie de me passer parce que j’aime cette vie-là !

Bref me revoici…

Heureuse, amoureuse, malade, mère, épuisée, contente, pleine de désirs et de projets, un peu perdue, exubérante, interrogative, curieuse, énervée mais sereine parfois aussi, enfin moi quoi !

Youpi !

 



Quand il dort…

 

Il dit « Ce n’est que ma façon de voir, mais… »
J’attends la suite, détendue confiante, mais…
Sa tête se fait, d’un coup, plus lourde sur mon bras
Il ne bouge plus, presque raidi de silence
Sa respiration s’accélère et s’amplifie
Elle devient torrent d’air dévalant vers l’avalée
Ses lèvres s’entrouvrent laissant le souffle
Venir frissonner ses moustaches rebelles
Les muscles de son bras se cherchent
Et se trouvent une position de rêve
Le vent dans son torse grogne et ronfle
Comme si un gouffre l’avait englouti,
L’air en rivière souterraine érode
Les conduits étroits de l’engoudronné civilisé
Voilà que ses dents claquent, encore, et encore
Comme un applaudissement lent et répété
Il se tourne, enroule ses bras autour de moi
Comme un ours se blottissant en lui même
Marmonne quelques syllabes incongrues
Souche massive entraînée brutalement
Par le courant de son sommeil
Il sombre dans l’onirisme
avec tant de puissance
que je n’ose bouger
pour m’apercevoir finalement
qu’il est tout à fait réveillé

Je ne connais rien du pays de sa vie
Mais le paysage de ses nuits
Est un court métrage
Dont le metteur en scène
A volontairement alterné
Une succession de plans
Rapides et discordants
Pas étonnant
Qu’il ne soit jamais vraiment reposé !



aimer à gagner la déraison

 

Marcher les pieds nus en goûtant l’herbe verte
Oser mettre l’orteil à fleur de l’eau du torrent
Rire au courant glacé qui m’invite à la fuite
Et entrer les deux pieds dans le cours d’eau
Frémir de la plante au contact des graviers
Faire l’avion avec les mains pour ne pas tomber
Avancer à contre sens, ivre du plaisir de défier
Sens ouverts, tout frissonnants, caresse du vent
Être deux piliers d’un pont mobile totalement futile
Obligeant le déferlant à me contourner prestement
Poser la main sur la roche mouillée pour m’équilibrer
Chercher l’endroit le plus amusant où mettre le pied
Sentir le froid grimper contre mes jambes éclaboussées
Lever le regard vers les sapins, la cascade, les rochers
Aimer cette vie cristalline qui se déverse sans s’épuiser
Exister un instant de toute la puissance de ma conscience



l’idiot heureux

 

Il est dans mon dos,

j’entends sa voix

le roulis du train me berce

mais je n’arrive pas à dormir

l’homme parle trop fort

il se raconte,

je ne sais pas qui est son interlocuteur

je sais qu’il s’écoute, lui,

et qu’il est ravi de ses propos fascinants

je pense qu’il espère que le wagon entier l’entende

et profite de son aventure

c’est qu’il a été aux Canaris…

l’homme

dans un hôtel 5 étoiles

avec des trucs à manger avec plusieurs sauces

et il avait la baignoire rose saumon dans la chambre

la vue sur la baie avec la mer dedans

un mini bus gratuit toutes les heures

pour descendre vers la plage

Je croise le regard de ma vis à vis

sourire,

sourire qui s’agrandit

nous commençons à rire doucement

Il continue

A l’accueil… une hôtesse d’accueil trop gentille

même elle peut vous appeler un taxi

comme ça, juste parce que vous lui demandez

à tous les étages, dans toutes les pièces :

des gens à son service,

vraiment à son service à lui

qui répare sa télévision et lui ouvre sa porte

des coktails avec au moins 5 bouteilles qui s’mélangent

des soirées, le soir, tous les soirs

des services sans autres factures

que celle du monstrueux nid à touristes

le fou rire contamine peu à peu

les deux côtés de l’allée centrale

et gagne du terrain vers le pauvre riche

l’homme continue

se vautrant dans son souvenir de luxe

jubilant d’avoir ressenti l’ivresse du pouvoir

commandant une armée de sous fifre

juste là pour le servir

l’heureux homme explique que sa femme

ne souffrira sans doute pas « moins bien »

l’année prochaine

sûrement

il devra y revenir

Je suis arrivée à destination

je me lève tout en me gondolant

jette irrésistiblement un regard

vers le fond du wagon

des cheveux jaunes frisés ondulent

au dessus d’un front

bronzage cramé craquellant

le reste est caché par le fauteuil

hormis le pied gauche

qui s’aère dans le couloir

L’ongle du gros pouce est jaune

jaune comme la tong qu’il habite

 

La belle aventure

nous l’avons vécue

un wagon entier se trémoussant de rire

malgré la fin des vacances

et pourtant

l’homme qui nous offrit ce bon moment

fut le seul à n’en pas profiter…

l’homme en tongs au fond du wagon

n’ayant lui,

le plaisir de vivre qu’avec les choses

qui s’achètent…



Poigne demain

Oh superbe idée !

Pour peindre la poignée de porte

Je vais la dévisser

Ben oui, le bitoniau rond

Ce sera plus facile de le peindre

en le tenant dans la main

et je le remettrai

ni vu ni connu

tranquille

sans avoir fait de tâche sur la porte

sans avoir besoin de nettoyer

oui, trop bonne l’idée…

je dévisse,

je donne un coup de pinceau

sur la chose ronde…

qui s’échappe

et tombe sur le lino

Elle roule à n’en plus finir

laissant une belle trace verte

tout au long de son chemin

Elle s’arrête enfin

fichue poignée !

Je me penche

l’attrape en essayant

de ne pas m’en mettre

plein les mains

ouf, aie,

j’ai mis les doigts dans la peinture,

ça glisse et la voilà repartie

pour une nouvelle trace

de sa vie sur mon sol !

Furieuse je bondis

et m’en saisis fermement

elle gicle alors en l’air et retombe…

dans mon pot de peinture

elle nage,

tout au fond bien sur…

Bien, qu’elle y reste

Saleté !

Je vais en acheter

une toute peinte 

non mais !
 

 



L’eau de là bas

De l’eau, la sieste …

Je suis là dans le cadre d’un contexte de tentative de guérison ou du moins de maîtrise de la maladie. Le kiné fait partie des étayages proposés pour m’aider. L’eau chaude aussi, la sieste… oui.

Le kiné me propose de « faire la sieste », ses demandes sont raisonnables. Sa voix est douce, mon corps veut bien. J’aurais envie de foncer vers la guérison mais il me guide vers sur une voie d’eau tranquille… Pourquoi pas flotter. Je ferme les yeux, je me concentre sur le bas de mon dos. Je laisse les bouées proposer une détente à ces vertèbres si douloureuses. Je me dis aussi qu’il serait bien de décrisper le haut de ma colonne, ce lien entre l’attache de mes bras et mon cou… J’appelle à la douceur et au calme.

Dans l’eau, d’autres « trempent » comme moi. Un imbécile ne sait pas se taire. Il me saoule de sa stupidité inconsciente. Accidenté de la route il continue à prendre des risques énormes, à faire prendre des risques aux autres et se vante de ses excès de vitesse. Je tente de ne pas l’entendre, je glisse en moi un fond musical, une mélodie calme et paisible.

Et l’autre parle. Je me dis que c’est un conteur qui me raconte une histoire belle avec des farfadets et puis une rivière. Des poissons se détestent mais qui, parce que c’est aller à contre-courant que de ne pas s’entendre, font finalement la paix… Le kiné m’indique comment avance les bras des poissons, je suis sa perche docile et calme… L’autre imbécile, pas méchant mais si puéril, parle et parle et parle encore. Je quitte l’eau doucement tentant avec résolution de garder la détente de mon corps le plus longtemps possible.

Aie, difficile de s’habiller sans être bien sèche, ouille mes pieds sont donc toujours aussi loin ! Oh, ma mère, pourquoi donc m’as-tu fait les jambes si longues ?

Retour vers la voiture, en plein soleil elle est toute chaude. Je m’y glisse comme dans une bulle juste à ma taille. Le siège m’enrobe comme une couette. Je reste blottie. Je propose à ma voiture de se glisser jusqu’à l’autoroute… puis elle rentre à la maison, doucement, le régulateur de vitesse, la musique, la chaleur, tout va bien. Quelques doigts protestent de travailler alors que le reste est au repos. Pas conflictuelle pour deux ronds, je leur signale que les yeux, le cerveau et des tas d’autres organes fonctionnent jour et nuit, eux, sans râler… Ils boudinnent un peu puis je n’en entends plus parler.

La maison. Je descends de la voiture ravie de voir que c’est la seule dans la cour. Hum, la maison juste pour moi chic. J’entre, demande à Bethowen de me jouer un peu de piano, allongée dans le canapé, avec les coussins callés bien là où il faut… je me détends encore et encore. Mon compagnon arrive, il parle, par politesse j’ouvre l’œil qui est de son coté. Il parle, la banque, les sous… Moi, je somnole en cachette, toute indifférente à ce qui n’est pas la douceur de vivre… Je reste paisible, le plus longtemps possible, jusqu’à ce que finalement, trop entourée de vie, je quitte ce moment juste pour moi et reprenne le quotidien et ses tensions.



Rêve de moi…


Je suis une gentiane bleue, profonde et sincère, j’aime de tout mon coeur, sans arrière-pensée, avec confiance et franchise.

Je suis un orage de rage face à la méchanceté et le mensonge.

Je suis un cygne fidèle et libre, je me donne totalement mais on ne me prend pas.

Je suis une panthère noire et sauvage si l’on veut me posséder me mettre en cage.

Je suis une mère louve avec les petits, capable de donner ma vie pour eux et aussi de les guider sans crainte, sans les emprisonner.

Je suis une nuit étoilée de promesses parce qu’optimiste, je crois à demain, même si hier j’avais du chagrin.

Je suis une cascade de rires spontanés, joueurs et gais.

Je suis une main verte passionnée, dressant la nature avec respect et plaisir.

Je suis une insensée de ne jamais rien exiger de l’autre, attendant qu’il ait envie de donner.

Je suis une bruine discrète et silencieuse lorsque j’ai mal.

Je suis une plume qui écrit quotidiennement pour se délivrer de l’isolement.

Je suis une onde vibrante face à un concerto pour piano.

Je suis une flânante émue dans un musée de peintures.

Je suis une souris de bibliothèque, les livres étant mon régal favori.

Je suis un ruisseau clair descendant une pente rocailleuse sans appréhension.

Je suis un cri primitif devant les serpents et le vice.

Je suis une peau douce à caresser par qui peut l’approcher.

Je suis une jungle exubérante et généreuse lorsque mon coeur se sent aimé.

Je suis une cheminée chaude où les passions sont communicatives et m’enflamment

Je suis un poisson étonné par la diversité et la richesse des rencontres. Je suis un oeil avide dans un tourbillon de vie à dévorer tous les sens ouverts.

Je suis un sentier de mousse, j’avance à l’ombre des chênes centenaires, j’ignore le terme de mon voyage et me réjouis de la vie que j’y découvre.

Je suis une neige fondante sous le soleil de l’été dans le midi, protégeant ma blanche peau de sa brûlure par la fuite sous des latitudes plus sereines.

Je suis une main tendue et un sourire câlin très efficace contre la peine.

Je suis un lierre fertile enraciné dans un tissu de liens familiaux très solides et ouverts, sur qui je peux compter, des plus jeunes aux plus âgés.

Je suis un pinceau qui n’en finit pas de colorier les décors de mon intérieur.

Je suis une pensée qui ne dort que peu tant la vie m’occupe et m’agite.

Je suis une étincelle de vie à partager.

Je suis une femme.



Je voudrais être

Je voudrais être…

Bouton de rose dans un grand jardin en friche.

Couverture de soie, cachette, toute petite niche.

Épine dorsale rocheuse des neiges éternelles.

Nuées d’appels, rassemblement d’hirondelles.

Verre de lait glacé sur un sirop de cassis.

Pied d’un torrent, dans la mousse, assise.

Humide forêt savoyarde, odeur de l’humus.

Sente oubliée coeur de lilas, fleur de crocus.

Caresse sur la patine de l’escalier craquant.

Pluie battante, orage d’été sur le sol brûlant.

Craquement d’une verte pastèque très sucrée.

Reflets de l’aurore derrière un glacier nacré.

Chemises de grand-mère sentant la lavande.

Gitane, pieds dans l’eau, croquant l’amande.

Tablette de chocolat praliné, sur un chevet.

Chant du piano, Mozart, un concerto inachevé.

Ouverture d’une porte que l’on allait toquer.

Nuit, avec lune et milles étoiles magnifiques.

Prison de corail dans une île du pacifique.

Éclosion de gentianes, saphir encore en terre.

Noire, libre solitaire, en veille, la panthère.

Relâchement des traits de l’homme endormi.

Main tendue prête à serrer celle de l’ami.

Feu de camp, intensité crépitante du silence.

Confiance de la vraiment toute petite enfance.

Bleuet blotti contre un bouton d’or, réconfort.

Jouissance enivrante de la fatigue après l’effort.

Plafond bleu roi où s’attardent trois nuages ciments.

Visage bouleversé par tant d’intenses sentiments.

Bouquet de violettes du bois cueilli à ton intention.

Grande marée d’émotion de reconnaître tes intonations.

Affection candide, presque sans retenue que l’enfant expose.

Éclat de rire, passant de tes yeux à ta gorge qui enfin explose.

Sauvage impatience de te lire, de lire dans ton visage.

Déferlement de plaisir que je garde intérieur, très sage…

Cri de liberté…

Pulsion de vie…

Envie d’éternité…

D’amour de la vie

 



Lettre et le nez en l’air

L’être et le nez en l’air

L’être et le néant,… l’air

L’être et l’aller à l’air

L’air libre, l’air de rien

L’air d’aller bien

L’air enchanté

L’air, en chantant

L’air … en chantier

L’être rien, l’air d’être…

Mine de rien

Rien qui mine

Rime qui m’anime

Frime qui aligne

Lignes de mots

Signe de moi

Signe à moi

Signe mature ?

Signature.

L’être Seule

Le Seul être

Etre au seuil…

Lettre au seul être …

La seule lettre

La seulette…

La lettre au sol erre

L’être au soleil

L’être au seul œil

Lettre pour multiples regards…

Gare … et re-gare …

Gare à toi, gardez vous

Gare à moi, regardez moi

Me regarder et me garder encore

Gare à moi, je suis en train,

Mais être sans entrain

Etre centre, un,

Possible,

Un

Impossible

Une peau cible ?

L’un possible

Le deux pensable

L’impossible et le «pansable»

Passable et pénible passage

Le pas sage s’impose

Le pas se pose, se passe

Pas de sable, pas de nasse

L’enlisage s’envisage

Sans visage,

Sans vie sage

Sans âge

Sang…

Sans vie,

Envie,

En vie…

Je suis,

Je fuis,

J’essuie

Je m’enfuie,

Je m’enfurie

Je m’enfurieuse,

Je m’enfuriante

Je mens, je pleure

Je fuis en corps

Je m’essuie le cœur

Gène, suie et sueurs

J’écris je meurs

Je crie, je mords

Le dit qui pleure

Prends son essor

L’heure de l’avis

La vie qui sort

La sortie…



inquiètude…

Pas de nouvelles de toi

C’est insupportable, je suis folle d’inquiètude, je me ronge les ongles, j’ai du mal à respirer, je regarde sans arrêt la pendule, tu aurais dû appeler, c’est pas possible aucune nouvelle, je tourne en rond, toute agitée par l’attente… Où es-tu ? Pourquoi tu n’es pas encore arrivé ? Pourquoi tu ne m’as pas appelé ?

Ah non à cette heure-ci c’est sûr qu’il t’est arrivé quelque chose, peut-être que tu as chuté dans l’escalier de ta cave, tu es coincé dans un ascenseur sans portable et l’alarme est en panne… Ta voiture refuse de te laisser sortir, toutes les portes sont bloquées, fermées à clé et toi dedans… Je sais, tu as glissé dans le congélateur en te penchant pour attraper un truc au fond, assommé tu n’as pas pu empêcher le couvercle du congel de se refermer sur toi et tu es en train de congeler…

Non plutôt ça… tu étais en retard, tu as eu peur que je sois inquiète alors pour te rassurer tu as bu une bière, du coup tu étais encore plus en retard alors tu en a pris une autre et après la cinquième tu as voulu rentrer par le chemin du moulin et là… Peut-être qu’ivre mort tu gis dans le ruisseau…

Tu n’as pas pu venir parce que tu es poursuivi par la pègre pour avoir été témoin d’un truc que tu n’aurais pas dû voir, et que voulant te cacher tu t’es fait arrêter par la police secrète qui à la suite d’une erreur judiciaire et du fait que des espions te prennent pour le frère de la petite sœur d’un parrain terroriste, tu as été enlevé. Je dois te trouver un avocat vert parce que les marrons c’est plus périssables et te sortir des griffes d’un gouvernement miteux de l’autre bout de la planète parce qu’ils te retiennent là-bas … Non, ça se tient pas…

Peut-être que tu es en train de m’écrire, peut-être que tu l’as fait mais que le facteur a fait un infarctus, une monstrueuse crise cardiaque avec de la bave qui lui sort des oreilles et les orteils écarquillés, et que, comme il avait justement ta lettre à la main, mais que personne ne s’en est aperçu, alors il est à l’hôpital avec ton message et moi bêtement je m’inquiète !

Peut-être qu’il y a eu un grave accident chimique à cause d’une usine qui était installée ici il y a des milliers d’années mais qu’on l’a jamais su, pour que cela ne fasse pas baisser le prix des terrains des promoteurs, mais que le gouvernement veut étouffer l’affaire et qu’on n’aura jamais aucune nouvelle des cadavres disparus… Cadavre j’ai dit “cadavres”, oh non pas toi, pas un cadavre, quel mot hideux, et si tu étais à la morgue, abattu dans un règlement de compte entre bande rivale, une balle perdue et voilà tu n’es plus… Non non je me calme j’ai pas entendu de coups de feu, faut pas dramatiser, … bien sûr…

Ma boîte mail est vide c’est sûr, c’est pas normal ! Je hurle en silence, je me lève, regarde une fois de plus par la fenêtre, rien, il n’y a rien, tu n’es pas là ! Ma parole je porte plainte, c’est sûrement une panne de réseau ! Encore un coup des opérateurs de téléphonie, avec leurs antennes radioactives qui veulent implanter des éoliennes à proximité ! Oui sûrement que ma ligne téléphonique est coupée, même si j’ai eu ta mère tout à l’heure c’est parce que, elle, rien ne l’arrête… ou alors c’est lorsqu’elle m’a raccrochée au nez que ça a pété un câble !

Mon dieu le temps passe et toujours aucun signe de toi… Tu m’aurais prévenu si tu avais juste eu un banal retard, là c’est grave tu es forcément bloqué dans un endroit d’où tu ne peux me joindre, où ? Où te chercher ? À qui demander ? Ta mère ? non elle m’aurait prévenue si elle avait su quelque chose ! Qui alors, ton ex ? Ta secrétaire ? Oh, je suis si désemparée… Comment c’est possible de continuer à vivre ainsi alors que sûrement tu agonises quelque part…

Réfléchissons calmement, bien tu es parti c’était… voyons grosso modo moins… ah non je ne peux pas m’asseoir pour juste réfléchir, il faut que je m’occupe, c’est trop insupportable de penser à tout ce temps sans nouvelles de toi. Je vais appeler la gendarmerie pour qu’ils aillent frapper chez toi pour le cas où, je vais prendre ma voiture faire le tour de ton quartier, demander aux pompiers de sonder les rivières alentours, je vais appeler les hôpitaux, visiter les accidentés amnésiques au cas où tu serais l’un d’eux, je vais… J’en peux plus, !

Si jamais tu vas bien mais que tu as juste « oublié » de me prévenir je te déteste, je te claque, je te poignarde, je te jette, je t’aime plus, je ne te parle plus jamais ! Je te dénonce à ta mère… j’épouse ton frère, je te balance dans le congel, je te couds dans un sac je te…

Je t’en prie appelle moi… sonne, arrive, fais quelque chose ne me laisse pas comme ça je vais devenir folle, il faut que j’agisse, cette passivité me monte à la tête !

Chaque seconde qui passe me laboure le plexus, je sombre lentement dans la dépression, je laisse les larmes me monter aux yeux, et si tu m’avais oubliée… Peut-être que tu t’en fiches de moi… Que tu ne veux plus me parler, que tu ne viendras jamais plus, que tu es déjà bien loin, que tu m’as totalement oubliée déjà, pour toi je n’existe plus, et moi, bêtement, je t’attends… Non c’est pas possible, tu n’aurais pas fais ça, pas alors que notre dernière rencontre était si belle, si douce, si … Oh, ciel mais où es-tu donc ?

De toutes façons moi je ne peux pas vivre comme ça, je n’ai plus d’appétit, j’ai même envie de vomir, c’est sûr je vais pleurer, je vais aussi m’évanouir à force de ne plus manger, je me sens toute faible je n’ai plus de force… Oh pourquoi m’as-tu abandonnée ? Mes mains tremblent, je ne peux plus rien faire, je tente de boire, mais je tremble tant que le verre se casse sur le carrelage, tant pis je ne ramasse pas les morceaux, qu’importe maintenant, c’est sûr, oui c’est sûr que tu ne reviendras plus, je ne saurais jamais ce qui t’es arrivé, je préfère mourir plutôt que de vivre dans ce doute affreux…

On sonne c’est sûrement la police. Elle vient me prévenir, m’annoncer le drame, j’ai la force d’avancer jusqu’à la porte, tête baissée, la mort au ventre, concentrée pour affronter à la terrible nouvelle…

J’ouvre la porte :

C’est toi qui me regarde étonné … « ben quoi, j’ai à peine 20 minutes de retard, c’est quoi ces morceaux de verre, là, par terre ? »! »



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