Le Jardin

C’était un jardin,
Mon jardin à moi,
Ce n’était pas un Le Notre,
Ce n’était pas un gazon écossais…
C’était juste un petit coin de terre
Des herbes sauvages, coquelicots et bleuets,
Une rocaille, un peu de bruyère, des ancolies
Quelques grappes de glycine, jasmin et lilas blanc
Avec des iris d’eau, bleu pervenche d’altitude
Des nénuphars et un seringa en fleurs
Des violettes blotties près de la mousse
Une source claire, l’ombre d’un sous-bois, un banc
Le soleil sur un érable pourpre de plein champs
C’était un jardin avec la courbe d’une sente douce,
Assez large pour le passage de deux amants
Un jardin ouvert, un jardin offert et gourmand.

 

Un jour où je ne faisais pas attention
Quelqu’un entra et tondit le pré pour ses bêtes
Un autre cueillis le lilas pour sa femme
Celui-ci cassa trois branches au seringa
Celui-ci piétina les fleurs, l’autre…
Affolée je criais « Stop on se calme »
Mais sans m’entendre tous continuaient
Piétinant sans méchanceté ce à quoi je tenais tant
Toute cette vie fragile et douce que je chérissais
Ce jardin offert qui s’il le restait
Ne serait bientôt plus que friche
Alors j’ai roulé délicatement le parchemin
De mon jardin, et je l’ai glisser dans ma poche
Devant les visiteurs étonnés, j’ai dit « c’est fermé »
Certains ayant insisté, arguant de leur désir d’entrer…
Je me suis enfuis, mon jardin en poche
Mes larmes aussi…

 

J’étais assise à l’ombre d’un charme,
Lissant d’une main tendre une pétale de rose
Lorsque j’entendis une voix venant du ciel
« Elle est belle cette fleur »
Très étonnée j’ai levé le nez et j’ai vu l’homme
Assis à califourchon sur une grosse branche
Les jambes dansantes au rythme du vent
Laquelle ? Demandais-je, en croyant
Qu’il me montrerait les fleurs alentours
Il répondit, en montrant mon jardin,
que j’avais déposé tendrement à mes pieds :
« le coquelicot ».

 

Je lui souris, et faisant mine de me rejoindre
Il demanda : je peux ?
Depuis main dans la main
nous parcourons les allées de mon jardin
son sourire est ma lumière, ses mots mon terreau
il m’arrose de sa tendresse et m’enivre de son désir…
Parfois étonné il s’arrête et me demande :
Pourquoi moi ? Pourquoi est-ce que tu m’aimes moi ?

 

Parce que toi tu n’entres pas sans y être invité
Parce que toi tu regardes où poser tes pieds
Que tu ne risques pas de tout ravager
En décidant avoir besoin de mes fleurs
Parce que toi tu es sensible à leurs parfums
Parce que toi tu en respectes le chemin
Tu n’y cours pas en conquérant
ni même en propriétaire
parce que toi tu es là, prêt à partager
en me tenant la main sans l’emprisonner.
Voilà pourquoi je t’aime, toi.



Avancer vers ta main

Je voudrais glisser ma main dans la tienne et marcher droit devant
Avancer, ne jamais se retourner, avancer, vivre tout,
Avancer s’enivrer de toutes les expériences qui nous attirent et nous paraissent agréables
Laisser monter nos désirs et se saouler de plaisirs,
Avancer, toujours avancer,
Rechercher renoncer à avoir trouver,
Ne jamais m’installer
Je voudrais tellement ne jamais m’arrêter d’avancer,
Ma main dans la tienne,
Croiser ton rire, tes mots, tes regards, tes idées,
Toucher ta peau, toucher la mienne contre toi,
Avancer, toujours avancer
Ne jamais t’appartenir toujours
Être à conquérir
Vouloir toujours te séduire
M’émerveiller encore parce que tu n’as pas fuit,
M’étonner de ma chance d’être à tes côtés d’être aimée par toi
T’aimer,
Avancer à ta rencontre sans jamais me croire arrivée
Sans jamais franchir les limites de ton intimité
Avancer vers là où tu penserais parfois me connaître
et où je t’échapperais toujours parce que j’aurais déjà changé
Être papillon éphémère mais ivre de vie
Partir, avancer
Envolée vers l’amour
Envolée par les vents
Enlevée par le mouvement
Avancer vers ta main
T’aimer…



Vivre

J’aime vivre avec toi
sans aucune programmation,
juste vivre l’envie au moment
où elle passe,
faire juste ce qui nous attire
au moment où on le ressent,
c’est comme une bulle de paradis,
un moment hors du temps
et des contraintes,
c’est très doux
très havre de liberté
c’est vraiment délicieux.
Chaque homme est différent
comme chaque relation
avec un homme est différente.
Se rencontrer se découvrir,
se connaître peu à peu
c’est partager …
Partager une étreinte,
sans tabou,
sans autre limite
que le respect de l’autre
et de ses limites…
C’est merveilleux,
Vivre une sexualité libre,
Juste vivre ce que je ressens,
juste dans le plaisir et le bonheur.
Vivre ce qu’on a encore jamais vécu
sans réfléchir
juste parce que j’en ai envie,
juste parce que je le sens comme ça
à ce moment-là,
Bien sur il faut que tu saches
tout comme moi
dire non ça j’ai pas envie
c’est pas mon truc,
parce que c’est parce qu’on peut se dire ça
qu’on peut alors se sentir libre et vivant le reste du temps.
Si tu sais que je te dirais non
si je veux pas, cela veux dire que tout le reste est bienvenu…
Alors chic, j’aime t’aimer, j’aime ton ( …)
(…) de vie en moi,
j’aime vivre libre,
j’aime vivre contre toi,
je t’aime…



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