sourires en cascade

 

Jour de courses, il me faut aller dans un grand magasin, acheter des tas de trucs dont des stabilisateurs pour ma fille, oups non pour son vélo… elle a enfin l’âge de quitter son tricycle chéri et d’enfourcher un vélo wouhaou ‘achement grand… mais roulettes recommandées… Bref terrible corvée, il me faut aller à la grande surface …

Je me gare sur le parking, il pleut… le cadi est mouillé, je souris il est frais comme les doigts de ma fille hier lorsqu’elle jouait à laver les cailloux du jardin dans une flaque d’eau…

J’entre dans la galerie marchande… un artisan expose des nappes magnifiques, j’en achèterais bien une dans les couleurs de feu, elle est si belle, je souris heureuse de penser comme elle rendrait ma table jolie.

J’entre dans la fauverie, tiens rayon vaisselle, superbe ces assiettes, dans trois mois, si elles sont encore là je m’en achèterais, je les mettrais sur ma jolie nappe avec ces tasses et ces plats, ces bougies aussi… J’ai envie de m’acheter de la vaisselle pour recevoir ceux que j’aime, envie de cuisiner, envie de croquer la vie…

Rayon bijoux, ces boucles d’oreilles, ce collier ce bracelet, hum oui, merci les bijoux pour ce moment de rêves, tiens les sous-vêtements, envie d’en avoir de nouveaux, des plus coquins, des neufs pas encore déflorés…

Oh superbe ce costume noir, classe et féminin comme tout, je le porterais avec rien dessous, tu me prendrais dans tes bras, tu glisserais tes mains sous ma veste et je verrais tes yeux frémir lorsque tes doigts tomberaient sur ma peau… tu jetterais un œil à peine discret dans mon décolleté afin de vérifier la trace quelque part d’un sous vêtement, tu plongerais alors tes yeux dans les miens me serrant contre toi, et me murmurerait à l’oreille «mais dis donc tu n’as rien là-dessous ?» devant mon rire, tu me rendrais mon sourire heureux, puis dans un éclair de lucidité gourmande tu me reprendrais contre toi posant sans plus de pudeur tes mains sur mes fesses… Je sens tes doigts qui recherchent les limites d’une hypothétique petite culotte, mes yeux rient tant que je ne peux me retenir de t’embrasser le nez et devant ta mine faussement outrée te dire combien je t’aime… hum, oui, dommage, ils n’ont pas ma taille, sinon je l’aurais bien acheté ce costume noir…

Oh mais je n’ai toujours pas trouvé le rayon vélo, mais cette robe de petite fille est magnifique, hum celle-là aussi, tiens un papillon… j’aimerais le coller sur une lettre que j’enverrais… ah voilà le rayon vélo, je prends les stabilisateurs et puis une super sonnette de Oui-oui… Je laisse passer deux personnes devant moi à la caisse, je m’en fiche, moi je rêve, le gars de la caisse me demande si j’ai la carte de fidélité, le pauvre je ne lui dis pas ce que j’en pense mais le jour où je serais fidèle à une centrale d’achat … n’importe quoi…

Je sors heureuse, la vie est belle, il ne pleut plus… je monte dans ma voiture et roule durant quelques 40 minutes en rêvant que je roule vers l’amour…

 



l’être, ou pas !

 

Il y avait un homme qui tenait le lampadaire. Il avait les paupières qui tombaient sur ses genoux. Il était debout et pourtant, il m’a bien semblé voir, ses bras enroulés autour de ses jambes recroquevillées… Comme un enfant qui a peur du noir et se cache pour ne plus le voir. Son nez pendait en plein milieu de sa figure, arbre foudroyé, souvenir que personne n’a pensé à réclamer… Ses oreilles penchaient doucement sous le vent façon cocker déçu. Ses cheveux de beurre ranci tartinaient son épaule de jeans délavé. Ses mains propres aux ongles soignés ne contenaient rien, ne servaient plus à personne. Sa bouche était légèrement ouverte, signe qu’autrefois il avait parlé, signe qu’aujourd’hui même, il aurait peut-être pu dire. Le dos au lampadaire, il ne regardait pas. Il attendait.

 

En passant près d’un lampadaire, l’homme qui marchait vite l’attrapa d’une main et tourna autour, bras tendus, tête en arrière, avec un grand éclat de rire dans la gorge…. Sa crinière en queue de comète dansait dans le vent. Ses yeux pétillaient de souvenirs heureux… Ils contenaient tant de promesses que même ses pommettes ne pouvaient cesser de sourire. Sa bouche gourmande embaumait encore d’avoir embrassée une étoile… Ses épaules larges comme son vécu se sentaient capable de protéger de tous les vents solaires. Les oreilles, écartées par le désir de conquérir, captaient la vie. Son sourcil juvénile affirmait son amour de la liberté tandis que l’autre chantait l’indépendance ! Ses mains burinées et ouvertes, s’avançaient pour cueillir un trésor. Dès son tour de lampadaire fini, il repartit vers l’avant. Il avait tant de choses à vivre…

 

Croyez moi on non…
C’est le même homme…
La différence c’est juste…
Que l’un des deux
Aime et se sait aimé

 



Allo ?

 

 J’écoute

J’attends

Je n’entends rien !

Et l’autre punaise qui se tait !

Allez ! Je veux t’entendre !

Tu y vas oui ?

Marre de rester là à te regarder

et toi l’muet de service

Cause, tu m’entends !

Je t’attends ! y’a quelqu’un ?

Je veux que tu me répondes !

Tu sais très bien ce que j’attends de toi

Je n’entends rien ! J’écoute pourtant

T’es livide de l’intérieur ?

T’as peur ? T’as tort !

C’est le silence qui m’énerve…

Tu te tairas encore combien de temps ?

T’en n’as pas marre ?

Tu m’cherches ? Tu veux quoi ?

Tu ne m’impressionnes pas

Tu veux voir ma main de plus près ?

T’obtiendras rien par le silence

Je m’en fiche

Ça m’touche pas tu sais

Je resterai assise là

A te regarder jusqu’à ce que tu t’y mettes !

de toute façon t’es attaché !

Et ton fil est trop court

pour que tu puisses gagner la porte

t’as tout à perdre à te taire tu vois ?

Si tu t’exprimes maintenant

je dirais rien aux autres

en attendant, crève !

Envie de t’éclater contre le mur

J’attends ! J’entends pas

Tu comprends donc rien à rien

forcément toi tu sors jamais

toujours à te vautrer

sur l’accoudoir de ce canapé

T’as dis quoi ?

Rien ? j’m'en fiche

J’ai le temps !

T’oses pas ?

Tu te cantonnes

Dans l’évitement

Mais saligo tu vas parler oui ?

Ça fait des heures

je te préviens

je te laisse encore quinze minutes

et après je t’éclate !

Tu sonnes où j’te cogne

Saleté de téléphone !

 



les criquets du net

 

Mon cher correspondant internautique skypiqueur !

Je ne sais pas où tu as posé ton casque en t’absentant très provisoirement de notre conversation, mais le cri habituel du criquet ondulant dans mes oreilles est soudain devenu scie circulaire avec une énergie aigue fulgurante…

Je ne pourrai donc plus t’entendre avant trois mois, atteinte d’une surdité congénitale, acquise à la suite d’une perforation de ma tolérance aux bruits de fond

Si en plus de ne plus rien entendre, je te réponds n’importe quoi, à partir de maintenant, c’est que l’aiguillon de l’aigu a transpercé ma boite craneuse, et que je suis devenue barge. N’ayant pas de rame pour trouver la direction d’une berge abordable, j’ai coulé au coeur de l’étang du dos … aucune chance de faire la planche, trop dangereux à cause de la scie !

Bref que mes nerfs n’ont pas résisté à l’affront fait à mes tympans… je suis trétympannée !

J’arrache mon casque, le jette par terre, je hululle à la mort, je roule dans le caniveau, je bave sur le plancher, j’implore la vigne vierge, je renie le chocolat, je n’en peux plus, je me rends, pitié, pitié j’avoue, c’est moi, où dois je signer ? C’est moi qui ai tout fait ! Oui, oui c’est moi !

Tu vois j’ai de moins en moins de cohérence, certaines de mes lettres disparaissent, mes mots bientôt ne voudront plus parler pour moi… je te raconte pas mes phrases, parce que justement, elles refusent de se laisser faire !

Je disparais donc, liquéfiée, pré momie en marais, pas de fleurs ni d’enrubannage pour mes restes qui flottent quelques parts entre ton désir et mes envies…

A l’eau…trop tard, le poisson scie a sommé la raie de la conversation !

 



Vous z’êtes connecté vous ?

 

Allô ?

Votre attente est estimée à quatre minutes

Purée je vais les tuer !

La, lala lala llaala lala….

J’en ai marre, je les déteste, c’est pas possible ça !

- Allo, Gilbert, technicien Orange à votre service, je vous écoute …

- Arfff, j’étais en train de dire que j’allais vous tuer…

- Hum et si je tentais de vous aider d’abord et que vous me tuiez ensuite ?

- Affr oui pardon ce n’est pas votre faute à vous personnellement mais je suis enragée, je suis depuis plus de dix jours sans internet j’en peux plus je respire plus, je pense plus, j’en peux plus !

- Quel est votre problème ? et ne vous inquiétez pas, on veut nous tuer toute la journée…

- Ben voilà, le mec d’avant vous qui m’a donné la ligne, m’a dit d’attendre et que ça marcherait, ben j’ai déjà beaucoup attendu je veux savoir si c’est bientôt prêt… !!

- Attendez je regarde donnez-moi votre numéro… Bien c’est bon tout marche il n’y a pas de problème !

- Comment ça pas de problème, tout marche, dites-vous, mais non rien ne marche, ni le téléphone ni internet !

- Vous avez branché votre livebox ?

- Ma… ma quoi ?

- Votre Box ? Est-elle branchée correctement ?

….(réfléchis, réfléchis à toute vitesse, box ça veut dire boîte, je connais boîte à lettres, boîte à pain mais sûrement pas de rapport, mise en boîte… non le mec il oserait pas, bon tant pis je demande…)

Euh… c’est quoi une box ?

- Hum, vous n’avez pas de Livebox, on ne vous en a pas proposé une ?

Ben non… rien, nada, personne ne m’a parlé de cet engin, je savais bien que ça existait mais je croyais que c’était que chez les autres….

- bien alors il vous suffit de vous procurer une livebox dans un point de vente orange et vous suivez la procédure d’installation et tout marchera…

-Youpi, ouf mais franchement on aurait pas pu me le dire plus tôt ?

-Si on aurait dû vous le dire… désolé

-Bon ce n’est pas grave, puis que le problème va être résolu, finalement je ne vous tuerai pas cette fois

(rires partagés, politesse d’usage et bye bye)

Trouver un point de vente orange, pas de problème je vais chercher sur inter.. ; arfff zut, je peux pas… téléphoner aux renseignements… arfff j’ai pas non plus de téléphone… J’enrage je piafff je bouillonne… je cherche

317 kilomètres de voiture, la tête hors de la portière pour mieux voir si dans les enseignes de ces purées de zones commerciales bondées je trouve le logo de chez Orange…

Arff ouf, hein quoi c’est le premier jours des soldes, j’men fiche moi je veux ma connexion !

-Bonjour Madame je voudrais une livebox… Bien vous me la donnez et c’est tout, j’ai même pas quelque chose à payer, juste je prends, je pars ?

(Grand sourire de la dame), – oui c’est aussi simple que ça

Purée de vache qui ne m’avait pas dit que je devais aller me chercher une box !

-Euh excusez moi Madame mon PC il est à deux mètres cinquante de ma prise téléphonique, aurais-je besoin d’une rallonge ?

-Oh non, il ne faut surtout pas de rallonge, par contre le fil est tout petit, ça ne marchera pas….

Arff je meurs je suis morte, je suis terrassée, n’y-a-t’il personne qui veuille me connecter en me rendant mon clavier… ? Mais alors (dis-je, déconfiture de chez purée de pois) je fais comment ?

- Il faut acheter un « truc » wifi pour une connexion à distance..

- Bon, ok j’achète et c’est bon ça va marcher ?

- Oui oui, pas de souci…

J’arrive chez moi, déballe le truc découvre que le cable fait presque trois mètres, les boules, j’avais pas besoin de son truc wifi à 20 euro ! pfff…

Bon, je tente l’installation…

Erreur votre code n’est pas valide, veuillez contacter l’assistance technique au 08 machin machin…

- Comment ça ! « Contactez l’assistance technique » mais ducon justement je n’ai pas le téléphone !!! Alors l’appeler pour qu’il me le donne c’est moyen drôle ton truc !

Je recommence, ouf ça passe… mais trois fois il me proposera de voir avec un technicien au numéro du dépannage… J’enrage je bouillonne et… oh miracle … ça marche !!

J’ai des fils partout dans le salon, c’est tout sauf joli pratique rationnel esthétique je m’en fiche c’est connectique, euh non c’est magnifique ça marche !!

- Allô la terre d’ici, c’est moi me voilà enfin de retour dans ce domaine qui m’a tant manqué !

Bonjour à tous, vive la vie, la wifivie, vive la connection qui m’ouvre un champ de relations dont j’ai pas envie de me passer parce que j’aime cette vie-là !

Bref me revoici…

Heureuse, amoureuse, malade, mère, épuisée, contente, pleine de désirs et de projets, un peu perdue, exubérante, interrogative, curieuse, énervée mais sereine parfois aussi, enfin moi quoi !

Youpi !

 



Quand il dort…

 

Il dit « Ce n’est que ma façon de voir, mais… »
J’attends la suite, détendue confiante, mais…
Sa tête se fait, d’un coup, plus lourde sur mon bras
Il ne bouge plus, presque raidi de silence
Sa respiration s’accélère et s’amplifie
Elle devient torrent d’air dévalant vers l’avalée
Ses lèvres s’entrouvrent laissant le souffle
Venir frissonner ses moustaches rebelles
Les muscles de son bras se cherchent
Et se trouvent une position de rêve
Le vent dans son torse grogne et ronfle
Comme si un gouffre l’avait englouti,
L’air en rivière souterraine érode
Les conduits étroits de l’engoudronné civilisé
Voilà que ses dents claquent, encore, et encore
Comme un applaudissement lent et répété
Il se tourne, enroule ses bras autour de moi
Comme un ours se blottissant en lui même
Marmonne quelques syllabes incongrues
Souche massive entraînée brutalement
Par le courant de son sommeil
Il sombre dans l’onirisme
avec tant de puissance
que je n’ose bouger
pour m’apercevoir finalement
qu’il est tout à fait réveillé

Je ne connais rien du pays de sa vie
Mais le paysage de ses nuits
Est un court métrage
Dont le metteur en scène
A volontairement alterné
Une succession de plans
Rapides et discordants
Pas étonnant
Qu’il ne soit jamais vraiment reposé !



aimer à gagner la déraison

 

Marcher les pieds nus en goûtant l’herbe verte
Oser mettre l’orteil à fleur de l’eau du torrent
Rire au courant glacé qui m’invite à la fuite
Et entrer les deux pieds dans le cours d’eau
Frémir de la plante au contact des graviers
Faire l’avion avec les mains pour ne pas tomber
Avancer à contre sens, ivre du plaisir de défier
Sens ouverts, tout frissonnants, caresse du vent
Être deux piliers d’un pont mobile totalement futile
Obligeant le déferlant à me contourner prestement
Poser la main sur la roche mouillée pour m’équilibrer
Chercher l’endroit le plus amusant où mettre le pied
Sentir le froid grimper contre mes jambes éclaboussées
Lever le regard vers les sapins, la cascade, les rochers
Aimer cette vie cristalline qui se déverse sans s’épuiser
Exister un instant de toute la puissance de ma conscience



l’idiot heureux

 

Il est dans mon dos,

j’entends sa voix

le roulis du train me berce

mais je n’arrive pas à dormir

l’homme parle trop fort

il se raconte,

je ne sais pas qui est son interlocuteur

je sais qu’il s’écoute, lui,

et qu’il est ravi de ses propos fascinants

je pense qu’il espère que le wagon entier l’entende

et profite de son aventure

c’est qu’il a été aux Canaris…

l’homme

dans un hôtel 5 étoiles

avec des trucs à manger avec plusieurs sauces

et il avait la baignoire rose saumon dans la chambre

la vue sur la baie avec la mer dedans

un mini bus gratuit toutes les heures

pour descendre vers la plage

Je croise le regard de ma vis à vis

sourire,

sourire qui s’agrandit

nous commençons à rire doucement

Il continue

A l’accueil… une hôtesse d’accueil trop gentille

même elle peut vous appeler un taxi

comme ça, juste parce que vous lui demandez

à tous les étages, dans toutes les pièces :

des gens à son service,

vraiment à son service à lui

qui répare sa télévision et lui ouvre sa porte

des coktails avec au moins 5 bouteilles qui s’mélangent

des soirées, le soir, tous les soirs

des services sans autres factures

que celle du monstrueux nid à touristes

le fou rire contamine peu à peu

les deux côtés de l’allée centrale

et gagne du terrain vers le pauvre riche

l’homme continue

se vautrant dans son souvenir de luxe

jubilant d’avoir ressenti l’ivresse du pouvoir

commandant une armée de sous fifre

juste là pour le servir

l’heureux homme explique que sa femme

ne souffrira sans doute pas « moins bien »

l’année prochaine

sûrement

il devra y revenir

Je suis arrivée à destination

je me lève tout en me gondolant

jette irrésistiblement un regard

vers le fond du wagon

des cheveux jaunes frisés ondulent

au dessus d’un front

bronzage cramé craquellant

le reste est caché par le fauteuil

hormis le pied gauche

qui s’aère dans le couloir

L’ongle du gros pouce est jaune

jaune comme la tong qu’il habite

 

La belle aventure

nous l’avons vécue

un wagon entier se trémoussant de rire

malgré la fin des vacances

et pourtant

l’homme qui nous offrit ce bon moment

fut le seul à n’en pas profiter…

l’homme en tongs au fond du wagon

n’ayant lui,

le plaisir de vivre qu’avec les choses

qui s’achètent…



l’exité du parking

 

L’homme me jette un regard énervé …

Il attend que je lui cède la place sur le parking,

Je viens de m’asseoir à la place du conducteur,

un pied dedans, un pied dehors

Je m’demande s’il va oser klaxonner …

J’attrape la jambe de mon jean et je tire,

Je tire tranquillement,

Me rapprochant autant que possible du pied

Afin de soulever le tout pour le rentrer dans la voiture

L’homme du fond de sa BMW,

de l’autre côté de la haie ne voit pas

que j’ai enfin rentré ma jambe gauche,

 il fulmine et pense en fumant des naseaux :

« ah ces satanées bonnes femmes !

encore une qui ferait mieux d’aller à pied »

je lui souris ravie, heureuse

d’avoir les deux pieds dans une position suffisamment équilibrée

pour pouvoir me crisper d’une main sur le frein à main

et me lancer avec l’autre à l’assaut de la poignée de porte

je la tiens et dans un geste majestueux

 je ferme ma portière de ma voiture

d’un mouvement décidé, je tente de saisir la ceinture de sécurité

il démarre en trombe excédé et pile quatre places plus loin

devant un autre emplacement qui vient de se libérer

j’ai enfin réussi à cliquer ma ceinture

avec ma main gauche,

parce que la droite a déjà travaillé hier

c’est chacune son tour !

j’avance doucement mon siège pour caller mon dos

l’homme sort rageusement de sa voiture

je l’entends claquer la portière

je démarre enfin,

Je recule tranquillement

Et passe devant « mon » excité 

Que je découvre en train de donner

des coups de pieds dans sa voiture

fermée à clé manuellement un peu vite…

puisque les clés sont restées à l’intérieur

sûr qu’il pense que c’est de ma faute !

je quitte le parking, avant d’oser rire de bon coeur,

Sans doute était-il pressé

mais la colère lui a fait perdre à la fois

son temps et son bien être !

S’il savait comme c’est précieux

un corps qui marche

peut-être prendrait-il le temps

de patienter en souriant !



ne pas être seule et passive

 

Marre de chez marre !

Ben tiens ! Je suis arrivée en Savoie en juin, privé de tous mes soignants d’avant…

Arfff contacte avec les soins fibro locaux, RV et rencontre du ponte responsable le 1° septembre…
il s’engage à m’aider, ouf… me dis de prendre rendez vous avec sa sacrétaire
pour le suivi de choc (génial je vous en reparlerais)
Je joins sa secrétaire qui me propose un RV pour mi novembre Mr. Green ne pas être seule et passive dans Médecin new_gunsfiring_v-1222 zinzin

arfff marre de chez marre je vous dis pas j’suis trop seule
c’est pas bon ! alors première chose :
J’arrive ici… ouf ça fait du bien

puis… je régularise avec la SS qui me demandais des papiers depuis fort longtemps
(j’avais perdue ma carte vitale)
et je prends une mutuelle (j’avais celle du zom que je viens de quitter)

je me bouge cotéde mon nouveau médecin traitant pour la prise en charge à 100%
et je prends rendez vous avec une gynéco, j’en ai plus vu depuis 4 ans rires
puis me prends un rendez vous en sophro par semaine

mais cette semaine marre de chez marre encore plus alors :
je m’offre un rendez vous avec un ostéopathe
un rendez vous avec un microkiné
un rendez vous en pédi psy pour ma fille (elle pleure autour de la séparation entre son père t moi et refait pipi au lit)
un rendez vous ORL pour elle aussi (je ne sais pas si elle fait la sourde oreille ou si c’est son oreille qui n’entend pas)

Etonnant ! mais pire… je me demande si je vais pas finir par prendre la semaine prochaine un rendez vous chez le dentiste (perdu deux dents en quatres ans) et puis même un chez l’occuliste vu que je n’ai plus de lunettes adaptées à ma vue depuis plus de deux ans…

Ah… pas de soignant disponible avant mi novembre qu’il avait dit le ponte…
et bien m’en fiche j’ai envie de me faire soigner quand même !
fallait pas me fâcher ! non mais !
Wouhaou ! ça fait du bien !



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