Fourmi…

 

 

Je suis une fourmi

Une fourmi qui meurt en silence

Et en pleurant

Parce que j’aime la vie

J’aimais ma vie,

J’aimais rire

Courir

J’aimais aimer

T’aimer

Et pourtant aujourd’hui je m’enfuis…

Je ne suis qu’une fourmi et j’ai réussi

Durant des années à me faire passer

Pour plus grande que je suis,

j’ai assumé, porté, colmaté,

supporté, encaissé, tenu…

Et pourtant aujourd’hui c’est fini

Je suis trop fragile pour tenir encore

J’ai plus la force de tant porter

J’ai pas menti, j’ai pas trahi

J’croyais vraiment que j’pourrais

J’ai essayé, j’ai donné tout ce que je pouvais

Et puis là je suis vidée

Plus rien à donner

Idiote que je suis j’ai même pas fait de réserve

Je croyais pas à l’hivers

J’ai si froid

Trop tard

 

Je dis « j’ai plus de force »

On me répond que « c’est pas grave »

Je dis « j’y arrive plus »

On me répond « c’est quoi l’problème ? »

« Juste ça ? oh tu vas très bien y arriver, c’est rien »

Je dis je vais me reposer

On me répond « ah bon, mais tu ne vas pas rester enfermée »

Je dis laissez-moi pas seule face à la maladie

On me répond « rendez-vous dans trois mois »

Oh bien sûr, je ne meurs pas pour de vrai

Alors c’est pas grave, je devrais m’estimer heureuse

Moi, j’ai presque rien, je le sais bien

Je le sais, la fibromyalgie n’est pas mortelle

C’est juste le sentiment de partir, c’est juste une « impression »

Mais n’empèche que ressentir ce corps qui flanche

Cet esprit qui n’imprime plus

Cet émotif qui gère les tensions les plus folles

C’est tellement éprouvant à long terme…

J’ai besoin d’aide et ne sais plus à qui la demander

Ceux qui m’aiment et qui sont loin sont désarmés

Les médecins surbookés

Ceux qui sont près ont tant d’autres chats à fouetter…

Alors parfois je me dis qu’heureusement que j’ai le pc…

Même pas le courage de jouer à Guildwars

Ni même d’en prévenir Swen qui va m’en vouloir…

Pas le courage d’écrire

Pas le cœur à dire encore et encore combien je suis petite

Incapable, à bout, à bout de tout

Et tellement… pfff … trop tard

Je suis épuisée, je vais dormir

Je reviendrai dès que j’aurais fini

Avoir fini plutot qu’être finie

Oui c’est un drôle de projet de vie

Dormir… dormir en attendant…

Dormir pour avoir peut-être une chance

Demain d’un peu moins mal vivre

 



Miracle quotidien

 

Avoir un corps si vieux
si chaotique et dysfonctionnant
en se souvenant du temps d’avant…
Ne pas pouvoir assumer la complexité
D’une vie autonome à facettes multiples
Être rongée de douleur et de rouille,
d’une fatigue au sommeil en vadrouille
Baudruche d’eau de vie percée de flèches
Empoisonnées dont l’acidité ronge
Et annule toutes chances de cicatriser
Avoir peur de tous les changements
Impossible je ne vais pas y arriver
Paniquer devant la nouveauté
Pour moi c’est trop compliqué
Moi si pleine de défaillance
Porcelaine percée sans défense

Ne rien pouvoir expliquer aux autres
Ils ne sont pas dans la même cage,
Eux, tous, ils sont vivants…
Essayer de se cacher
Pour vivre à l’abri de l’agitation
Pour survivre en faisant attention
Surtout que personne ne remarque
Ni ma présence ni mon absence
Rester figée comme l’illusion d’un passé
D’une histoire où tout fonctionnait
Sourire pour paraître vivre
Et tenter de ressembler
à ce qu’ils croient être moi

Je ne peux quand même pas leur montrer
Ce à quoi je suis réduite
De toute façon j’ai essayé
Ils ne veulent pas me croire
Ils ne peuvent pas supporter
Ils me bousculent et nient ma réalité
Réfutent mon intérieur, mes incapacités
Et me plaquent leur avis : j’ai qu’à marcher
Alors j’avance pour ne pas les décevoir
Je fais semblant de pouvoir
Et la plupart de temps je réussis
A ne sombrer que lorsqu’ils sont partis
Je croule, je pleure, je rampe, je suis morte
Je me mouche et je souris
Ils avaient raison, j’ai réussi
Mais à quel prix !
Et alors ! Je m’en moque
Ce qui compte c’est que j’ai gagné
Un peu de terrain sur la maladie

Alors je continue à les suivre lorsqu’ils m’inventent
Ce que je suis n’a plus d’importance pour personne
pas question de m’écouter souffrir et de le dire
pas question qu’ils m’entendent malade
de peur de prendre le risque
de n’être plus que ça.
Et de devenir
définitivement
finie.

Tant qu’ils croient que je suis vraiment plus
alors je peux me raconter que c’est possible
je peux essayer, je peux m’accrocher
je peux lutter pour m’approcher
au plus près de ce qu’ils rêvent
Tant qu’ils croient en moi
alors je veux bien essayer
de ne pas crever
Je ne sais pas combien de temps
ce sera suffisant qu’ils y croient,
eux.

Peut-être que je devrais oser maintenant
y croire et commencer à prendre la relève
et me mettre à vouloir au delà de moi…
Je crois qu’il est l’heure de me faire le coup du :
Lève-moi et marche…

 



être vieille… déjà…

 

Elle marche doucement,
Ce n’est pas qu’elle hésite,
C’est juste qu’elle sait que courrir ne sert à rien,
Et puis de toute façon courrir…
C’est un souvenir…
C’est drôle comme avec l’âge le corps prend de la place…
Quand elle était jeune
Elle n’y pensait presque jamais à son corps en marchant…
Elle pensait à… d’où elle venait, … où elle allait,
Elle pensait sa vie,
Elle ressentait l’extérieur pour s’emplir d’énergie
Maintenant elle vit en dedans…
Quand elle marche elle se demande
Si les chevilles parfois ça se brise tout seul,
Elle porte à bout d’épaule son bras endolori,
Elle serre les sourcils pour aider ses vertèbres
à gérer le déplacement…
Quand elle marche,
Elle ne voit plus les hirondelles
et les avions qui croisent la lune…
Elle regarde le sol pour guetter les dénivelés
Faut pas tomber, et puis ça fait mal de perdre l’équilibre
Tout bouge alors si vite et sans contrôle
C’est douloureux de tout rattraper…

Quand elle était jeune, elle raisonnait en temps de déplacement
Maintenant quand elle marche,
elle calcule toujours les distances
Mais seulement pour être sûre d’y arriver,
Pour trouver les endroits où s’arrêter….
Pour connaître le point de non retour
Celui où il sera plus facile de finir le trajet que de revenir en arrière
Et elle ne marche que parce que c’est obligé,
Et si rarement pour son plaisir…
Elle avance doucement, la vieille,
Parce que de toute façon elle ne peut pas faire autrement
Bien sûr que de ne plus bouger ne changerait rien
Souvent elle pense que tout est si inutile maintenant
La vie est insensée et si fatiguante
Alors tout en elle, même sa démarche, a ralenti.

Quand elle voit sa petite fille qui s’agite
Le travail, les hommes, les enfants, les vacances…
Elle se souvient que, c’était ça, sa vie…
Elle aussi, a eu trente ans,
Des amis, des espoirs, un amant…
Elle aussi a cru qu’elle aurait un brin de maîtrise sur sa vie
Et elle a croqué fougueusement sa récolte de fruits
Pour aboutir… soixante ans plus tard… là…
Dans ce corps ratatiné qui se lézarde et qui chancelle
Dans toutes ces fragilités inavouables d’incongruité
Dans ces rigidités qui permettent de tenir la façade
Mais la prive de pouvoir continuer à s’adapter
Plus le temps passe, et plus elle est décalée

La vieille marche trop doucement
la vie l’a dépassée…

 



Silence radio…

juste quelques nouvelles

Oui je suis là, oui je suis revenue mais je rampe, je n’ai pas trouvé l’escalier, pourtant me direz vous c’est facile il suffirait que je suive la rampe…

eh bien non je suis là raplaplat comme un matelot pneumatique crevé qu’est tout palot et qu’a pas de rustine !

Alors patience, je suis pour l’instant incapable d’écrire, trop trop lasse… mais j’arrive bientôt c’est promis…

Je sais où j’habite, je sais qui je suis, je sais que j’ai beaucoup de choses à dire, je ne sais seulement pas comment trouver l’énergie de les formuler

Quel est l’emplâtre qui m’a piqué ma pêche ! Hein ? quoi, quelle maladie ? Grrr je veux plus entendre parler de maladie puisque je marche vers la guérison c’est mon but, alors je m’en fiche si j’en bave, je m’en fiche si je rampe au moins j’avance et je sais que c’est bien vers le but que je me suis fixée…

Oui c’est difficile, oui je ne savais pas que j’avais autant de forces cachées, mais j’ai découvert que mes ressources sont à la hauteur de ma motivation alors je lâche pas l’affaire, je lutte de toutes mes forces, désolée s’il n’en reste plus assez pour ici… je reviendrai je le sais… quand ? je ne sais pas eh bien oui je peux quand même pas tout savoir !

Amitié à tous et merci à tout pleins d’entre vous qui participez à me donner du courage.



En ruine

 

Je ne suis pas cette ruine au bord de la falaise que les vents fouettent et que le soleil burine

Je ne suis pas cette carcasse de voiture qu’on transporte du bout de la pince d’une grue à charpiller

Je ne suis pas ce papier gras qui, fuyant la tranche de jambon, s’envole dans le caniveau

Je ne suis pas cette pierre qu’on shoote sans la voir juste par mauvaise humeur

Je ne suis pas cette insulte ratée qui tombe à plat par excès de mauvaise fois

Je ne suis pas cette humiliation quotidienne de la vieille, que son aide à vivre déteste

Je ne suis pas cette terre stérile, craquelée de manque, assoiffée de lézardes arides

Je ne suis pas ce cri d’angoisse de l’enfant qui s’éveille soudain perdu dans le noir

Je ne suis pas cette dalle de béton fisurée d’où s’envolaient jadis les avions

Je ne suis pas ce livre poussièreux utilisé pour caler l’étagère des bandes vidéos

Non, je suis…

un peu tout ça à la fois !



Grande Marée

 

Grande marée … la vie s’est reculée très loin de mes plages, je suis là, je pourrais paraitre vivante mais je ne suis que miroir aux alouettes, reste de moi, traces de ce que j’ai été, je ne suis qu’un souvenir, une odeur, une idée… je suis épuisée et puis si anéantie… comment pourrais-je encore exister ?

Je ne suis pas inquiète la marrée suivante me ramènera ma vie, lundi c’est demain je dois reprendre le boulot… quel boulot tu parles, bref, je dois y aller de toute façon… alors je serais de nouveau là en apparence, mais si vide en dedans…

Je ne suis qu’une ombre, j’ai si peu de forces plus le temps passe et plus je pense que je ne suis pas viable, sans ma fille je n’aurais pas la force de tenter de tenir ma place dans la vie, je renoncerais, je me laisserais partir, tant pis où va le courant, j’ai plus la force de nager…

Mais ma fille est là, alors il lui faut une maman… alors je nage, si vous saviez comme boire la tasse est devenue une habitude, je nage tellement souvent en dessous de la limite de flotaison, j’ai tellement de mal à trouver la surface… Tant pis pour elle j’avance d’île en île, je suis ma fille de ses fous rires en ses questionnements, je lui tiens la main entre les rochers de nos montagnes, je semble tenir debout du moins tant qu’elle est là…

Dès qu’elle part… je m’assoie, totalement sans force, même pas la force d’être triste, pas le courage de pleurer, juste je voudrais ne pas exister… Saleté de maladie !

Et pourtant, je l’aime tant ma jolie Lucy, que je vis …

Sans doute que je lui dois une fière chandelle…



Colère et rame cassée…

Trière, tractée
Flibustière courage
Partenaire embauché
Force malgré l’orage

C’était dur, fallait ramer,
encore ramer toujours
toujours recommencer
faisait chaud, faisait froid
faisait lourd et toujours
toujours, fallait ramer
je ramais bien, je ramais loin
alors tu t’es laissé dépasser, pour te délasser
je ramais fort alors tu t’es un peu reposé
ben oui c’est fatigant de toujours ramer

Traîtresse nonchalente
Flibustière courage
Paresse déroutante
Flegme pendant l’orage

Et puis la mer a eu des vagues aux larmes
Elle a déchaîné ses tourments sur nos flancs
Alors j’ai voulu ramer plus fort
mais un boulet mal arrimé
m’a brisée net les jambes
fausse souche flottante
un drôle de passager embarqué
j’ai serré les dents et j’ai ramé, ramé
et puis l’une de tes rames s’est brisée nette
Décidément c’était pas notre tempête de chance !
alors t’as un peu ramé en rond…
avec le temps tu n’avançais plus
moi j’avais du mal à sourire,
les dents trop serrées je crois
et je t’ai montré le soleil
j’ai cru qu’ensemble…

Egoïsme et paresse
Flibustière courage
Tenir sans faiblesse
Fuite d’eau, rage

Mais j’ai commencé à avoir vraiment peur
à t’alerter sur les infiltrations partout dans le bateau
je gesticulais tellement que je suis tombée dans l’eau
mais malgré tant d’eau trop salée j’ai pas pu me noyer
toi t’as rien vu, tu tournais plus très rond
quand j’ai pu remonter dans la barque
tu avais cessé de ramer, tu en parlais seulement
tu avais renoncé, tu faisais juste semblant
j’ai repris les rames et les yeux fixés sur devant
visant toujours le soleil, j’ai ramé pour deux
Un soir de mer étale, je m’inquiétais pour tes forces…
Et t’as dit que c’était pas ta rame cassée qui te tracassait
mais la gueule que je faisais avec les dents serrées…

Trahison de détresse
Flibustière courage
Que j’apparaisse enragée
Fracas de l’orage

Alors étrangement j’ai eu la force
de ne pas te foutre ma rame dans la gueule
en te cassant tes belles dents blanches de fainéant
J’ai juste accosté la nuit dernière
Dans cette petite ville portuaire
Je ne suis pas sûre de réussir à marcher droit
Mais j’ai plus de chance d’y trouver ma route
Et ce ne sera pas une voie d’eau cette fois
Puisque ma gueule te revient plus,
ben moi non plus je reviendrai pas
Pas la force de m’inquiéter pour ta trajectoire
gaffe aux récifs et aux coups du sort
les poissons se fichent que tu fasses semblant
puisque tu sais pas ramer
apprends peut-être à nager
j’aurais aimé que ce soit différent
désolée et bonne chance
j’ai plus la force de t’aider
pardon, j’aurais aimé
faut que je vive
j’veux pas m’noyer

Tristesse du naufrage
Flibustière du rivage
Au soleil vient te réchauffer
Courage tu l’as bien mérité



Aller au travail ?

Journée disco éreintée

Colonne vertébrale étreinte

tous les disques soudés

musique de fond

fondu encharné

valse en sciatique

brûlure pas symétrique

système sympathique

pari systématique

partir quand même

Marche ou traîne

Avance avec peine

j’avance à peine

qu’importe

À quatre pattes.

J’me transporte

J’avance sans hâte

enfin bon je progresse

je croise une jambe de pantalon

celle du gars du bureau d’à côté

chic je dois être bientôt arrivée

je suis en cheville brisée

ramper sur l’escalier

soutien de bois

sans tenir debout

ternir sang tabou

exsangue aux abois

opacité en travers

faut pas s’y fier

j’vois l’verre

rideau en rade

voile à l’envers

à un poil de l’enfer

pas grave je vais ramper

un peu, ça me changera

ah oui, je reconnais le coin

c’est la porte de mon bureau

elle est ouverte ouf,

je n’ai pas à me lever

s’allongée vers l’inclinée

Je m’tracte, je m’assoie

J’ai conquis la chaise

j’ai l’air ivre et sereine

c’est une fierté de reine

Être arrivée jusque là,

ici oui je trône c’est moi

sans raison je suis

incapable je sais

de faire le travail

qu’on attend de moi,

oui j’ai réussi à venir

maintenant je tiendrai

jusqu’au moment

où je pourrai refaire

le chemin à l’envers

et repartir…

merci de prévenir

que je tire sans sommation

sur le premier qui me traite de fonctionnaire

 



Migraine en plus

Une truc très doux

se frotte sur ma joue

une voix me dit

maman j’ai transpiré

mon pyjama il est mouillé

j’ouvre un œil

je souris à la gosse

et hélas je bouge la tête

migraine éruptive en vue

tant pis je dégaine le pyj pisseux

prends l’enfant contre moi

elle se blottit se câline

et demande

y’a école aujourd’hui ?

oui, c’est mardi…

yeux fermés vers la salle de bain

tentative d’enlever la pression

grâce au ruissellement de l’eau

douche à deux, envie de pleurer

gouttes partout, toutes mouillées

vient la puce choisir tes habits

non n’éclaire pas la lumière

une jupe qui danse

des chaussettes qui brillent

et le maillot de Winnie

bien, habille toi maintenant

je te prépare ton déjeuner

oh voilà ton papa, très bien,

je retourne me coucher

Hum… allô le boulot ?

C’est moi

ne m’attendez pas

je dors



Tombée…

Tombée,

je suis tombée sur un hic

j’avais pas bu

j’avais pas soif

j’ai cassé ma flûte

affalée

étonnée

muette

j’ai quoi ?

coit

purée d’pois

y’a plus

puit

fond perdu

plus d’mot

plus de liant

des mots sciés

émaux brûlant

trop lent

ralenti

arrêté

silence

désolée

 



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